Tourangeau éborgné : l’usage des grenades en question après les manifestations
Les tensions lors des récentes mobilisations sociales continuent de faire des victimes. À Tours, un jeune créateur de contenu vidéo a été grièvement atteint à l’œil par un tir de grenade de désencerclement. Son témoignage relance le débat sur l’usage des armes de maintien de l’ordre et les blessures graves qu’elles peuvent occasionner.
Une blessure grave lors de l’acte III des manifestations
Enzo Gimgembre, âgé de 22 ans et actif sur TikTok, a été touché lors du troisième acte des manifestations dans la préfecture d’Indre-et-Loire. Le jeune homme se trouvait dans la rue lorsqu’une grenade de désencerclement a explosé à proximité d’un groupe de CRS.
L’impact l’a violemment frappé à l’œil gauche. Des street médics présents sur place lui ont immédiatement porté secours avant son transfert vers un établissement hospitalier. Les premiers examens médicaux révèlent des lésions importantes.
Des séquelles préoccupantes
Les conséquences de ce tir sont alarmantes. La vision d’Enzo Gimgembre est sévèrement perturbée : son œil blessé ne parvient qu’à percevoir le mouvement d’une main située à un mètre de distance.
Le jeune homme a également souffert de vomissements et d’importantes difficultés respiratoires suite au choc. Ces symptômes témoignent de la violence du traumatisme subi.
Une plainte déposée dans des conditions difficiles
La victime a officiellement déposé plainte pour violence sans incapacité temporaire de travail avec usage d’arme. Le parquet de Tours a confirmé l’ouverture d’une enquête, selon les déclarations de la procureure Delphine Amacher.
Enzo Gimgembre affirme toutefois que le dépôt de sa plainte s’est déroulé dans une atmosphère hostile. Il dénonce des injures et des intimidations subies lors de cette démarche administrative.
L’enquête dépend des images de vidéosurveillance
L’issue de l’investigation repose en grande partie sur les enregistrements des caméras municipales. Ces dispositifs de surveillance urbaine constituent actuellement le principal élément susceptible d’éclairer les circonstances exactes du tir.
La préfecture de Tours n’a émis aucune déclaration concernant cet incident. Cette absence de communication officielle interroge sur la position des autorités locales.
Tours : un deuxième jeune éborgnement en quelques semaines
Cet événement n’est pas isolé dans l’agglomération tourangelle. Le 30 septembre dernier, Maël, un lycéen de 16 ans, a également été éborgnement lors du blocage de son établissement scolaire.
L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie pour élucider les circonstances de cette mutilation. Deux fonctionnaires de police sont concernés par cette affaire : l’un a été mis en examen pour violences aggravées, tandis que le second bénéficie du statut de témoin assisté.
Une multiplication des enquêtes de la police des polices
Au 30 octobre, l’IGPN recensait déjà 105 enquêtes ouvertes dans le contexte des récentes mobilisations. Ces investigations se répartissent selon plusieurs temporalités.
Le mouvement lycéen a généré à lui seul 52 procédures d’enquête. Les événements survenus les 17 et 18 octobre ont donné lieu à 48 investigations supplémentaires. Enfin, 5 enquêtes concernent des faits datés du 24 octobre.
Ces chiffres témoignent de l’ampleur des questionnements soulevés par les méthodes de maintien de l’ordre employées lors des dernières semaines de contestation sociale.

