Violences policières à Marseille : un commissaire sur la sellette judiciaire
L’affaire des violences policières survenues à Marseille durant le mouvement des Gilets jaunes connaît un nouveau tournant judiciaire. Six ans après les faits, un haut responsable des forces de l’ordre se retrouve dans le viseur de la justice pour avoir tenté d’entraver l’enquête sur le passage à tabac d’une jeune femme.
Un commissaire poursuivi pour obstruction à la justice
Le 17 septembre dernier, un commissaire de police a été mis en examen pour fausse déclaration sous serment et soustraction de preuve. Il s’agit du plus haut gradé impliqué dans cette affaire sensible qui ébranle l’institution policière marseillaise.
Ce responsable occupait le poste de numéro deux au sein du service de sécurisation des transports en commun (SISTC). Il supervisait une équipe de huit policiers en civil au moment des événements.
Le calvaire d’Angelina lors d’une manifestation
Les faits remontent au 8 décembre 2018, en pleine mobilisation des Gilets jaunes dans la cité phocéenne. Angelina, vendeuse âgée de seulement 19 ans, devient la victime d’une intervention d’une brutalité exceptionnelle.
La jeune femme reçoit d’abord un tir de lanceur de balles de défense dans la cuisse. Après sa chute, elle subit une série de coups de pieds et de matraque qui lui causent une fracture du crâne. Des blessures qui marquent le début d’un long combat judiciaire.
Une quinzaine de policiers dans la tourmente
L’ampleur de l’affaire se mesure au nombre de fonctionnaires poursuivis. Environ quinze policiers font l’objet de poursuites dans ce dossier, dont sept agents en civil ont été mis en examen.
Cette multiplication des mises en cause illustre la gravité des dysfonctionnements relevés lors de cette opération de maintien de l’ordre.
Des preuves volatilisées et des versions contradictoires
L’enquête révèle des incohérences majeures dans la version des faits présentée par le commissaire. Ses déclarations ont été formellement contredites par les témoignages de ses propres subordonnés.
Plus troublant encore, des éléments de preuve cruciaux ont mystérieusement disparu. Les enregistrements des communications radio ainsi que les images de vidéosurveillance ont été effacés, compromettant la reconstitution précise des événements.
Une plainte auprès de la police des polices
Face à ces violences, Angelina a déposé une plainte auprès de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN). Sa démarche a permis l’ouverture d’une enquête approfondie sur les agissements des forces de l’ordre ce jour-là.
L’affaire a également été portée sur la place publique, notamment grâce à la médiatisation opérée par des médias d’investigation comme Mediapart. Cette exposition médiatique a contribué à maintenir la pression sur l’avancement du dossier.
Une procédure judiciaire qui s’accélère
Après plusieurs années d’instruction, l’enquête entre désormais dans une phase décisive. Les autorités judiciaires prévoient une accélération de la procédure avec un objectif de finalisation vers la fin 2025.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur les méthodes employées lors des opérations de maintien de l’ordre et sur les mécanismes de contrôle interne au sein de la police nationale.

