Vague d’enlèvements dans les cryptomonnaies : 45 personnes mises en examen en France
Le milieu des cryptomonnaies français a été frappé par une vague d’enlèvements et de tentatives de rapts orchestrés au printemps 2025. Ces violences ciblées contre des acteurs du secteur révèlent l’existence d’une organisation criminelle structurée. Les autorités judiciaires ont décidé de regrouper les enquêtes devant l’ampleur du phénomène.
Une série d’attaques coordonnées en mai 2025
Trois événements distincts mais reliés ont marqué le mois de mai. Le 1er mai à Paris, le père d’un entrepreneur enrichi par les cryptomonnaies a été kidnappé par quatre hommes cagoulés. Séquestré dans un pavillon de banlieue, il a subi l’amputation d’un doigt suite à un ultimatum.
Les ravisseurs exigeaient une rançon de plusieurs millions d’euros en actifs numériques. La victime a finalement été libérée.
La famille d’un dirigeant du secteur prise pour cible
Douze jours plus tard, le 13 mai dans la capitale, quatre personnes masquées ont tenté d’enlever la fille et le petit-fils de Pierre Noizat, PDG de Paymium, société spécialisée dans le domaine. Les victimes ont réussi à repousser leurs agresseurs grâce à un extincteur et l’intervention du conjoint de la femme.
Fin mai, le 26 à Couëron en Loire-Atlantique, une tentative de rapt visant une famille gérant une entreprise de cryptomonnaies a été déjouée. Les investigations menées sur le dossier parisien du 13 mai avaient permis d’identifier et de prévenir ce projet criminel.
Une enquête unifiée face à une entreprise criminelle
Selon une source proche du dossier interrogée par l’AFP, 45 personnes sont désormais mises en examen dans ces différentes affaires. La justice a décidé fin mars de procéder à la jonction des investigations.
Les autorités soupçonnent une « même entreprise criminelle » derrière ces violences. Les enquêteurs avaient d’emblée identifié des similitudes troublantes entre ces affaires.
Un mode opératoire identique révélateur
La décision de regroupement s’appuie sur plusieurs éléments convergents. La justice évoque un même « mode opératoire », un « choix » similaire dans la sélection des cibles et une identique « professionnalisation dans l’organisation mise en place ».
Cette structure comprend des exécutants, des logisticiens et des commanditaires, révélant une hiérarchie criminelle élaborée.
Les victimes réclament une accélération des enquêtes
Romain Chilly, qui représente les parties civiles dans les dossiers du 1er et du 13 mai, a réagi à cette jonction procédurale. « C’est une bonne chose de centraliser les procédures où la chaîne de commandement est manifestement la même », a-t-il déclaré.
L’avocat exprime néanmoins une inquiétude : « Toutefois, nous attendons une avancée plus rapide des investigations dans un contexte où les attaques visant les détenteurs de crypto augmentent de façon exponentielle. »
Cette série d’affaires illustre la vulnérabilité des acteurs du secteur des cryptomonnaies, devenus des cibles privilégiées pour le crime organisé. La centralisation des enquêtes devrait permettre une meilleure coordination des investigations.

