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Un préfet part en vacances avec sa voiture de fonction puis…

Dans un contexte de tensions budgétaires et de vigilance accrue sur l’usage des ressources publiques, le représentant de l’État en Haute-Loire se retrouve au cœur d’une polémique. Le syndicat CGT a dénoncé plusieurs pratiques concernant l’utilisation de moyens administratifs à des fins personnelles, conduisant le préfet à présenter ses regrets auprès de ses équipes.

Des excuses officielles après des usages contestés

Face aux critiques formulées par la CGT, Yvan Cordier, préfet de la Haute-Loire, a dû s’expliquer auprès de ses collaborateurs. Dans une communication interne, il a reconnu un manque de discernement dans certaines de ses décisions récentes impliquant l’usage de ressources de la préfecture.

« Dès la prise de connaissance de ce tract (daté du 22 août), j’ai rendu compte au ministère de l’Intérieur (…) et me suis engagé à prendre en charge les frais de rapatriement de Modane (Savoie) au Puy-en-Velay », a déclaré le préfet.

Ce « rapatriement » fait référence à un incident survenu lors de vacances personnelles en Italie, pour lesquelles le préfet avait utilisé son véhicule de fonction. Suite à un accident, il aurait demandé qu’un chauffeur de la préfecture vienne le récupérer, lui et son épouse, à la frontière franco-italienne.

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Des pratiques familiales remises en question

Un voyage en Italie avec la voiture administrative

Le représentant de l’État a admis s’être rendu à Turin début mai avec un véhicule administratif. Une situation qu’il tente de justifier par une confusion avec ses précédentes affectations.

« J’avais été en poste dans un département du Nord où il m’était arrivé en toute régularité d’aller en Belgique avec ma voiture de fonction mais, cette fois, je n’ai pas regardé avec précision une circulaire de 2010 » qui limite cette pratique aux départements frontaliers, a-t-il expliqué en « plaidant la bonne foi, sans intention de violer une règle ».

La mise à disposition d’un véhicule pour son fils

La CGT a également pointé du doigt l’utilisation d’une voiture de service par le fils du préfet. Sur ce point, Yvan Cordier a fourni sa version des faits.

« Nous devions aller chercher une personne à la gare mais, pris par mes activités professionnelles (…), j’ai sollicité les services de la préfecture pour mettre un véhicule à disposition de mon fils », s’est-il défendu.

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Un contexte de restrictions budgétaires qui amplifie la controverse

Les révélations interviennent dans un climat particulièrement sensible. Le syndicat CGT déplore que dans un environnement marqué par l’austérité budgétaire et la dégradation des conditions de travail des agents publics, certains responsables semblent s’affranchir des règles communes.

La CGT dénonce plus largement « l’utilisation des moyens (résidence et personnel, véhicules et chauffeurs…) » « pour ou par les familles » du « corps préfectoral », estimant qu’« eux se servent et ne sont jamais inquiétés ».

Quelles suites pour cette affaire ?

Pour justifier certaines prérogatives, le préfet a rappelé que le corps préfectoral a le droit « d’utiliser ces véhicules pour des déplacements privés parce que, quand vous êtes préfet, vous êtes rappelable à tout moment, et qu’il s’agit d’un avantage en nature, taxé fiscalement ».

La balle est désormais dans le camp du ministère de l’Intérieur. C’est en effet au secrétariat général de Beauvau qu’il revient d’examiner les faits et de déterminer si des suites disciplinaires doivent être données à cette affaire.

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