Un détenu évadé lors d’une sortie au planétarium de Rennes, il risque six ans de prison
Un détenu multirécidiviste, qui s’est fait la belle lors d’une activité éducative en novembre dernier, comparaît aujourd’hui devant la justice. Son évasion avait provoqué des remous jusqu’au sommet du ministère de la Justice, avec des conséquences immédiates sur la direction de l’établissement pénitentiaire.
Une fugue de courte durée après une sortie culturelle
C’est une évasion qui aura duré à peine quelques jours. Émile Siegler, un homme de 37 ans incarcéré pour des faits de vols, a profité d’une sortie pédagogique au planétarium de Rennes, le 14 novembre dernier, pour prendre la poudre d’escampette. Sa cavale fut cependant de courte durée. Les forces de l’ordre ont rapidement retrouvé sa trace dans les environs de Nantes, où il a été appréhendé par la Brigade de recherches et d’intervention (BRI).
Un lourd passé judiciaire qui pèse dans la balance
Le trentenaire n’en est pas à son premier démêlé avec la justice. Son casier judiciaire affiche pas moins de 27 mentions, essentiellement pour des vols et cambriolages. Plus récemment, il avait écopé d’une peine de deux ans et demi d’emprisonnement pour avoir joué les intermédiaires dans une affaire d’incendies criminels en Ille-et-Vilaine.
Une défense basée sur l’impulsivité
Devant le tribunal correctionnel de Rennes qui le juge aujourd’hui en récidive pour évasion, son avocat plaide la décision spontanée. La fuite n’aurait pas été préméditée, mais résulterait d’une impulsion soudaine. Paradoxalement, selon sa défense, Émile Siegler aurait pu bénéficier d’un aménagement de peine s’il n’avait pas cédé à cette tentation.
Des conséquences jusqu’au ministère de la Justice
Cette évasion a eu des répercussions importantes au niveau administratif. Dans la foulée de l’incident, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a pris des mesures radicales en licenciant le directeur de la prison de Rennes-Vezin. Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir le syndicat FO Justice, qui a vivement critiqué ce choix, estimant que le directeur avait servi de « fusible » dans cette affaire.
Une audience aux enjeux conséquents
L’audience qui se déroule ce jeudi pourrait alourdir considérablement la situation d’Émile Siegler. Le trentenaire, qui conteste les faits, encourt jusqu’à six ans d’emprisonnement et 90 000 euros d’amende. Les charges retenues contre lui ne se limitent pas à l’évasion, mais incluent également l’usage de fausses plaques d’immatriculation et le recel de véhicule.
Le verdict de cette affaire sera particulièrement scruté par les autorités pénitentiaires, dans un contexte où la sécurité lors des sorties encadrées fait l’objet d’une attention croissante.

