Suicide à 20 ans chez Burger King Calais : enquête sur un harcèlement destructeur
Le drame qui a frappé une jeune salariée d’une enseigne de restauration rapide à Calais révèle une nouvelle fois les dérives du monde du travail. Derrière le suicide d’une employée de 20 ans se cache une affaire de harcèlement présumé qui ébranle l’entreprise et suscite l’indignation.
Un drame qui secoue Calais
Le 1er janvier 2026, Sylvana Dufossé, jeune employée polyvalente au Burger King de Calais, décide de mettre fin à ses jours. Elle avait tout juste 20 ans. Un geste désespéré qui plonge sa famille dans une douleur immense et soulève rapidement des questions sur ses conditions de travail.
Douze jours après ce terrible événement, sa sœur Angelina Dufossé franchit le pas. Elle dépose plainte le 13 janvier contre deux collègues de la victime, les accusant de harcèlement moral quotidien et presque physique.
Deux employés sur le banc des accusés
Les personnes mises en cause occupaient des postes différents dans la hiérarchie du restaurant. L’un était un collègue de même niveau que Sylvana, tandis que l’autre exerçait une fonction de supérieur direct avec une responsabilité intermédiaire.
Le 10 décembre, ces deux salariés comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. La procureure Cécile Gressier était chargée de représenter l’accusation dans cette affaire sensible.
Des témoignages accablants
Angelina Dufossé n’a pas été la seule à lever le voile sur l’atmosphère qui régnait dans cet établissement. Plusieurs autres employés ont également témoigné des comportements inappropriés dont aurait été victime la jeune femme.
Ces multiples déclarations viennent renforcer la gravité des accusations portées contre les deux prévenus et dessinent le portrait d’un environnement de travail toxique.
Une mobilisation collective
Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, s’est montré soulagé de voir cette affaire portée devant la justice. Son organisation apporte son soutien à la famille endeuillée et milite pour que toute la lumière soit faite sur ce dossier.
La mobilisation autour de cette tragédie témoigne d’une prise de conscience croissante des risques psychosociaux dans le secteur de la restauration rapide.
La réaction de l’enseigne
Face à la gravité de la situation, Burger King a lancé un audit RH pour examiner les pratiques managériales au sein du restaurant de Calais. L’entreprise a partagé les conclusions de cette enquête interne avec les autorités compétentes.
Les deux salariés mis en cause ont été suspendus dans l’attente des décisions de justice. Une mesure qui intervient après le dépôt de plainte et l’ouverture de l’enquête judiciaire.
Un établissement déjà pointé du doigt
Ce n’est pas la première fois que ce Burger King de Calais fait l’objet d’accusations graves. En mai 2025, quelques mois seulement avant le drame, une autre employée avait déposé plainte pour harcèlement moral.
Cette précédente affaire concernait des faits liés à la religion et au port du voile, révélant des problèmes récurrents au sein de cet établissement.

