Strasbourg : cinq ans ferme pour un futur médecin manipulateur d’avortements
L’affaire a provoqué un véritable choc au tribunal correctionnel de Strasbourg. Un futur médecin, âgé de 36 ans, a été reconnu coupable d’avoir administré des médicaments abortifs à l’insu de sa compagne, infirmière de profession. Les faits, qui remontent au printemps dernier, révèlent une manipulation glaçante orchestrée au domicile même de la victime.
Une manipulation médicale glaçante
Les événements se sont déroulés en mars 2024 à Furdenheim, dans le Bas-Rhin. L’homme, alors en fin de cursus médical après dix années d’études, a mis à profit ses connaissances pour obtenir des substances abortives.
Selon les informations du journal DNA, il s’est procuré un comprimé de mifépristone, destiné à ramollir le col de l’utérus, ainsi que trois cachets de misoprostol, qui provoquent l’expulsion du fœtus.
Un stratagème en deux temps
Le mode opératoire dévoilé lors du procès révèle une préméditation troublante. L’accusé aurait fait ingérer la mifépristone à sa compagne en l’embrassant, utilisant ce geste d’affection comme vecteur de son acte criminel.
Le jour suivant, il lui aurait fait boire une boisson dans laquelle il avait préalablement dissous le misoprostol, poursuivant ainsi son plan sans que la victime ne puisse se douter de quoi que ce soit.
Une condamnation exemplaire
Jeudi, le tribunal correctionnel de Strasbourg a prononcé un verdict sévère à l’encontre du prévenu. Il a écopé de cinq ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, et a été placé immédiatement sous mandat de dépôt.
Au-delà de la peine carcérale, les sanctions professionnelles sont définitives. Le trentenaire, qui n’avait aucun antécédent judiciaire, se voit interdire définitivement d’exercer la profession de médecin.
Une interdiction supplémentaire lui interdit toute activité de nature médicale ou paramédicale pour une durée de cinq ans, mettant ainsi un terme brutal à une décennie de formation.
Des explications sans justification
Lors de l’audience, l’accusé a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Son avocat, Maître Valentin Guégan, a exposé les motivations avancées par son client pour tenter d’expliquer l’inexplicable.
« Il a expliqué qu’il les a commis parce qu’il n’arrivait pas à se projeter dans un projet de parentalité, qu’il n’était pas en situation psychologique, financière et matérielle de s’investir dans un projet parental », a déclaré l’avocat.
Le conseil de la défense a également précisé que son client « a exprimé des regrets, présenté ses excuses ». Toutefois, ces remords tardifs n’ont pas pesé suffisamment lourd face à la gravité des actes commis.
Un appel envisagé
Malgré le verdict rendu, la défense n’a pas fermé la porte à un recours. « On se réserve le droit d’interjeter appel. À ce stade, aucune décision n’est prise », a indiqué Maître Guégan à l’issue du jugement.
Cette affaire soulève des questions essentielles sur l’abus de confiance, le détournement de connaissances médicales et l’atteinte à l’intégrité physique dans le cadre conjugal.

