Recherche médicale : un imposteur condamné pour des essais clandestins sur 400 patients
Un scandale médical secoue le monde de la recherche pharmaceutique. Un homme présenté comme chercheur a mené des expérimentations médicales non autorisées sur près de 400 malades atteints de pathologies neurodégénératives. La justice vient de trancher fermement dans cette affaire hors norme.
Des tests réalisés en secret dans une abbaye
Entre 2017 et 2019, Jean-Bernard Fourtillan a orchestré des essais cliniques illégaux au sein d’une abbaye située à Vienne. Les cobayes involontaires de ces expérimentations souffraient de maladies comme Parkinson et Alzheimer.
Le chercheur autoproclamé administrait des patchs de valentonine, une substance qu’il présentait comme capable de guérir les maladies neurodégénératives. Ces tests se déroulaient en totale clandestinité, sans aucune autorisation de l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament.
Une condamnation prononcée en absence
La justice a frappé fort. Jean-Bernard Fourtillan a écopé de quatre ans de prison ferme, jugé par défaut puisqu’il ne s’est pas présenté à son procès.
Les charges retenues contre lui sont accablantes : recherche interventionnelle impliquant une personne humaine sans autorisations officielles, exercice illégal de la profession de médecin et de pharmacien, escroquerie et abus de confiance.
Un homme introuvable
Après sa sortie d’un hôpital psychiatrique, l’ancien chercheur a disparu dans la nature. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui, mais les autorités n’ont pas réussi à mettre la main sur le fugitif.
Son procès avait déjà été reporté en décembre 2025 en raison de préoccupations concernant sa santé mentale. Il avait d’ailleurs été interné pour cette raison.
Des proches également sanctionnés
Jean-Bernard Fourtillan n’agissait pas seul dans cette vaste opération clandestine. Deux de ses collaborateurs ont également été condamnés par le tribunal.
Son épouse, Marianne Fourtillan, a reçu une peine de deux ans de prison dont un an avec sursis. Le professeur Henri Joyeux, décrit comme son bras droit, a écopé d’un an avec sursis et d’une amende de 10 000 euros.
Un détournement massif de fonds
L’ampleur de la fraude ne s’arrête pas aux essais illégaux. Sur les 700 000 euros de dons versés au « fonds Josefa » géré par Fourtillan, près de 130 000 euros ont été détournés.
Ces sommes, censées financer la recherche médicale, ont en réalité servi à des fins strictement personnelles. Les donateurs pensaient contribuer à une cause noble alors que leur argent était utilisé frauduleusement.
Une figure controversée du mouvement covid-sceptique
Jean-Bernard Fourtillan n’en était pas à son premier coup d’éclat médiatique. Il s’est fait connaître du grand public en tant que figure des thèses covid-sceptiques.
Il est notamment apparu dans le documentaire controversé « Hold-Up », qui a largement circulé sur les réseaux sociaux pendant la pandémie. Cette visibilité lui avait permis de gagner une certaine notoriété auprès d’une frange de la population.
Des sanctions définitives
Au-delà de la peine de prison, le tribunal a pris des mesures radicales pour empêcher toute récidive. Jean-Bernard Fourtillan se voit interdire définitivement toute activité dans le secteur de la santé et de la pharmacie.
La justice a également ordonné le versement de dédommagements aux parties civiles, ces centaines de malades qui ont fait confiance à un homme se présentant comme leur sauveur.

