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Procès choc à Digne-les-Bains : viols et tortures présumés sur sept ans

Dans la petite commune de Digne-les-Bains, un procès hors norme s’est ouvert devant la cour d’assises. Durant une semaine, magistrats et jurés vont devoir examiner un dossier glaçant, celui d’une femme en situation de handicap qui affirme avoir subi l’innommable pendant sept longues années. Face à elle, son ancien compagnon qui conteste intégralement les faits et invoque une relation librement consentie.

Des faits d’une gravité exceptionnelle

Les accusations portées contre Guillaume B. glacent le sang. Entre 2015 et 2022, il aurait soumis Laëtitia R. à une succession d’actes de torture, de viols répétés et l’aurait contrainte à se prostituer. Le dossier d’instruction fait notamment état de pratiques zoophiles imposées, d’entailles infligées au cutter et de relations sexuelles forcées avec des inconnus.

L’homme récupérait systématiquement l’argent gagné par sa compagne lors de ces passes forcées, configurant ainsi un système de proxénétisme aggravé. La victime présumée est reconnue en situation de handicap, avec un taux d’incapacité compris entre 50 % et 80 %.

Une défense qui invoque le consentement

Devant la juridiction criminelle, l’accusé a développé une ligne de défense radicalement opposée aux accusations. Guillaume B. affirme que leur relation relevait du sadomasochisme consenti, intégrant des jeux de rôle autour de la prostitution.

Il rejette catégoriquement toute idée de contrainte et évoque un « chantage à la rupture » de la part de son ancienne compagne. Son avocat plaide que ces pratiques constituaient un choix de vie délibéré, fondé sur un accord mutuel entre les deux partenaires.

Des témoignages accablants au dossier

L’enquête a néanmoins rassemblé de nombreux éléments à charge. Une amie et une voisine de Laëtitia R. ont témoigné avoir assisté à des scènes d’une violence brutale, décrivant un climat de terreur permanent.

L’ex-épouse de Guillaume B. a également été entendue par les enquêteurs. Elle a relaté le comportement violent de cet homme, précisant qu’il avait perdu la garde de leurs enfants communs. Ces antécédents familiaux apportent un éclairage troublant sur la personnalité de l’accusé.

Des preuves matérielles convergentes

Au-delà des témoignages oraux, les investigations ont permis de collecter des messages électroniques, des enregistrements d’appels téléphoniques et des constatations médicales. L’ensemble de ces éléments vient corroborer la version de Laëtitia R. et étayer solidement son récit.

Un procès sous les projecteurs

La plaignante a expressément demandé la levée du huis clos, souhaitant que ce procès se déroule publiquement. Une décision courageuse qui permet d’exposer au grand jour les mécanismes de l’emprise et des violences conjugales.

À l’extérieur du palais de justice, le collectif féministe « 8 mars toute l’année » a organisé un rassemblement de soutien à la victime. Les militants entendent rappeler que les violences faites aux femmes restent un fléau majeur de notre société.

Un verdict attendu en fin de semaine

Les débats sont programmés jusqu’à vendredi. Guillaume B. encourt la peine maximale prévue par le code pénal : la réclusion criminelle à perpétuité. La gravité exceptionnelle des faits reprochés justifie cette menace pénale.

Les jurés devront trancher entre deux versions diamétralement opposées : celle d’une femme vulnérable victime d’années de calvaire, ou celle d’une relation entre adultes consentants. Un choix déterminant pour l’avenir de chacun des protagonistes.

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