Prison avec sursis pour un homme accusé de gestes déplacés à Chelles
Dans un contexte de vigilance accrue après plusieurs affaires médiatisées, la justice tranche un dossier sensible impliquant un homme souffrant de troubles psychiatriques. Les faits se sont déroulés aux abords d’un établissement scolaire de Seine-et-Marne, provoquant une réaction rapide des autorités judiciaires.
Une sanction prononcée malgré les contestations de la défense
Le tribunal de Meaux a prononcé trois mois de prison avec sursis probatoire à l’encontre d’un habitant de Chelles, âgé d’une cinquantaine d’années. L’homme, placé sous curatelle renforcée en raison d’une schizophrénie diagnostiquée, a été reconnu coupable de corruption de mineures.
Me Thierry Benkimoun, qui assurait sa défense, a vivement contesté cette décision. L’avocat a réclamé la relaxe de son client, insistant sur l’absence d’antécédents judiciaires notables dans son passé.
Des témoignages accablants près de l’école Jules Ferry
Les événements se sont produits devant l’école Jules Ferry, dans la commune de Chelles. Deux sœurs, âgées de 17 ans et 8 ans, accompagnées d’une troisième personne, ont rapporté avoir assisté à une scène troublante.
Selon leurs déclarations, le quinquagénaire aurait effectué un geste imitant un acte de masturbation. Ces témoignages ont constitué le fondement principal de l’accusation portée contre lui.
Une version contestée par l’accusé
Le prévenu a fermement rejeté ces allégations lors de son audition. Il a expliqué qu’il consultait simplement sa montre, réfutant toute intention à caractère sexuel dans son comportement.
Son conseil a appuyé cette version en présentant une photographie montrant les bras de son client éloignés de son corps, élément censé démontrer l’impossibilité matérielle du geste décrit.
Une procédure critiquée pour sa rapidité
La défense a dénoncé le traitement judiciaire de cette affaire, jugée en comparution immédiate. Selon Me Benkimoun, cette célérité s’expliquerait par le climat actuel, marqué par l’affaire Lyhanna qui a sensibilisé l’opinion publique.
Cette précipitation aurait, selon l’avocat, empêché un examen approfondi des éléments du dossier et des circonstances particulières liées à l’état de santé mentale de son client.
Les réquisitions du parquet et la motivation du verdict
Le procureur Éric de Valroger avait sollicité une peine de six mois de prison avec sursis probatoire, accompagnée d’une interdiction de se présenter aux abords de l’établissement scolaire concerné.
Marie Troussard, présidente du tribunal, a justifié la condamnation prononcée en ces termes : « L’élément intentionnel se déduit de la matérialité ». Cette formulation indique que la juridiction a considéré que le geste matériel suffisait à établir l’intention délictueuse.
Des obligations strictes à respecter
Le condamné devra désormais éviter les abords de l’école sous peine de sanctions aggravées. En cas de non-respect de cette interdiction, il s’expose à une inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
Cette mesure vise à garantir la sécurité des enfants fréquentant l’établissement tout en encadrant strictement les déplacements du condamné dans le secteur.

