Société / Faits Divers 

Marseille : un juge d’instruction condamné pour avoir fraudé le péage 196 fois en scooter

Un magistrat marseillais de haut rang se retrouve dans la tourmente judiciaire. L’homme, habitué à rendre la justice, a cette fois dû répondre de ses propres actes devant les tribunaux et le Conseil supérieur de la magistrature. Une affaire qui illustre que nul n’est au-dessus des lois.

Une technique de fraude répétée près de 200 fois

L’ancien vice-président chargé de l’instruction au tribunal judiciaire de Marseille, âgé de 47 ans, a été condamné pour 196 fraudes au péage. Sa méthode était simple mais systématique : à scooter, il suivait de très près le véhicule devant lui pour franchir les barrières sans déclencher le système de paiement.

Cette pratique répétée lui a valu une sanction de 14 mois de prison avec sursis et une amende de 16 000 euros. C’est un simple feu rouge grillé qui a permis de découvrir son manège, déclenchant une enquête approfondie sur ses passages aux péages.

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Un lien controversé avec l’attentat de Nice

Lors de sa comparution devant le Conseil supérieur de la magistrature, le magistrat a tenté d’expliquer ses actes par un traumatisme lié à l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Il se trouvait ce soir-là sur la Promenade des Anglais avec son ex-épouse.

Le prévenu a déclaré : « C’est un vrai cauchemar. On n’avait pas de psychiatres ni de psychologues mobilisés ce soir-là. » Il a exprimé sa honte face aux membres du CSM, cherchant à relier ses comportements délictueux à ce traumatisme supposé.

Un argumentaire rejeté par les autorités

La représentante du garde des Sceaux n’a pas été convaincue par cette justification. Elle a notamment souligné que les fraudes ont été commises huit ans après l’attentat, un délai difficilement compatible avec un lien de causalité direct.

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L’expertise psychiatrique a confirmé cette analyse : aucun traumatisme correspondant aux déclarations du magistrat n’a été détecté par le professionnel mandaté pour évaluer son état psychologique.

Une carrière judiciaire menacée de révocation

Au-delà de la condamnation pénale déjà prononcée, l’ancien vice-président encourt désormais la révocation de ses fonctions. Cette sanction disciplinaire maximale marquerait définitivement la fin de sa carrière dans la magistrature.

Le Conseil supérieur de la magistrature doit rendre sa décision finale le mois prochain. L’issue de cette procédure déterminera si le magistrat pourra ou non retrouver un jour sa robe.

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