« Il disait avoir agi par réaction » : un policier écope d’un an de sursis suite aux révélations de l’infiltré
L’enquête d’un reporter sous couverture continue de produire ses effets devant la justice. Quatre ans après la publication d’un ouvrage choc sur les méthodes policières, un fonctionnaire de la police nationale se retrouve sanctionné pour des faits de violences sur des adolescents. Une affaire qui repose sur des témoignages rares et documentés de l’intérieur des services.
Une condamnation pour violences sur mineurs
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé une peine d’un an de prison avec sursis à l’encontre d’un agent de police âgé de 38 ans. Il était poursuivi pour violences aggravées commises sur deux jeunes frères.
Les événements remontent à avril 2019 et ont été documentés dans l’ouvrage « Flic », signé Valentin Gendrot et publié en 2020. Ce livre retrace l’expérience d’infiltration du journaliste au sein des forces de l’ordre parisiennes.
Des faits documentés lors d’un contrôle de routine
Tout commence lors d’une vérification d’identité banale. Le plus jeune des deux frères aurait reçu « des petites claques humiliantes », déclenchant la réaction immédiate de son aîné.
Ce dernier, tentant de protéger son cadet, a été interpellé et embarqué dans un véhicule de service. Selon les accusations, il aurait ensuite subi des coups à la fois dans l’automobile et une fois arrivé au commissariat.
Des incidents difficiles à documenter
Plusieurs autres épisodes de violences mentionnés dans le livre n’ont pas pu être confirmés juridiquement. L’absence de preuves identifiables suffisantes a empêché leur exploitation devant la justice.
La défense du fonctionnaire mis en cause
Face aux magistrats, le policier a maintenu que ses actions étaient « proportionnées ». Il les a justifiées par une logique d’« action-réaction » dans le cadre de son intervention.
L’agent a également exprimé un profond sentiment d’injustice. Il s’est dit trahi par le journaliste infiltré et a contesté l’image véhiculée par l’ouvrage concernant son comportement professionnel.
Réfutation des accusations de racisme
Le fonctionnaire a fermement rejeté les allégations de racisme et de brutalités systématiques évoquées dans le livre. Il a mis en avant la diversité présente au sein de sa brigade comme contre-argument.
Il a également partagé son parcours personnel, expliquant qu’il s’était engagé dans la police par reconnaissance envers la France, pays d’accueil de sa famille. Il a néanmoins manifesté le souhait de quitter le terrain.
Le témoignage du journaliste Valentin Gendrot
L’auteur du livre-enquête a réagi à l’issue du procès. Pour lui, cette affaire démontre les obstacles persistants qui entravent la sanction des dérapages policiers, même lorsque des preuves existent.
Son travail d’investigation a permis de documenter des pratiques rarement accessibles au grand public, offrant un témoignage de l’intérieur des services de police.
La parole des victimes et de leur famille
La mère des deux adolescents s’est exprimée lors de la procédure. Elle a formulé un souhait simple : que la police soit là pour protéger ses enfants plutôt que de les maltraiter.
Quant aux deux frères concernés, ils n’ont pas assisté au procès. Leur volonté était claire : ne pas revivre ces moments douloureux.
Une affaire symbolique
Au-delà du cas individuel, cette condamnation soulève des questions plus larges sur le contrôle des pratiques policières et la capacité de la justice à sanctionner les abus.
L’enquête journalistique de Valentin Gendrot aura permis de porter devant les tribunaux des faits qui, sans son travail d’infiltration, seraient probablement restés inconnus.

