Finistère : une supercherie judiciaire démantelée, des dizaines de victimes flouées
Dans le Finistère, une vaste escroquerie impliquant une entité fictive rattachée au ministère de la Justice vient d’être démantelée. Plusieurs victimes ont été dupées par une mise en scène élaborée incluant de faux documents officiels, des bureaux loués et des recrutements frauduleux.
Une imposture sophistiquée aux allures officielles
La quadragénaire originaire de la région quimpéroise avait mis en place un système d’escroquerie particulièrement élaboré. Elle avait créé une organisation fictive censée dépendre des services judiciaires français, allant jusqu’à fabriquer des documents ornés de logos officiels pour renforcer la crédibilité de sa supercherie.
Pour parfaire l’illusion, elle a loué des locaux professionnels et des véhicules, tout en effectuant diverses acquisitions : équipements informatiques, tenues de service et autres fournitures nécessaires à donner une apparence légitime à sa structure fantôme.
Huit employés recrutés avec de faux contrats
L’ampleur de la fraude se mesure notamment au nombre de personnes trompées. Huit individus ont été embauchés en pensant intégrer un véritable service de protection de l’enfance rattaché aux institutions publiques.
Ces employés dupés n’ont jamais perçu leurs salaires. L’escroque invoquait systématiquement des retards administratifs pour justifier l’absence de versement des rémunérations promises.
Des commerçants et propriétaires laissés sans paiement
Au-delà des salariés bernés, de nombreux commerçants et bailleurs ont également subi des préjudices financiers. Les factures pour les locations de bureaux, les véhicules et les achats de matériel n’ont jamais été honorées.
L’inspection du Travail, épaulée par l’URACTI (Unité Régionale d’Appui à la Compétitivité des Territoires et à l’Innovation), a mis au jour cette vaste supercherie en mars dernier.
Une récidiviste déjà condamnée à cinq reprises
La prévenue, âgée de 38 ans, n’en est pas à son premier forfait. Son casier judiciaire fait état de cinq condamnations antérieures, dont trois spécifiquement pour des faits d’escroquerie.
Elle a été mise en examen le 28 septembre et immédiatement incarcérée. Les chefs d’accusation retenus sont multiples : escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que travail dissimulé. Elle encourt une peine pouvant atteindre 14 ans d’emprisonnement.
Un complice présumé également poursuivi
Un homme de 49 ans a également été impliqué dans cette affaire. Il se présentait comme comptable et directeur de cabinet de cette organisation fictive.
Mis en examen pour escroquerie, travail dissimulé et exercice d’une activité de gestion malgré une interdiction, il a été placé sous contrôle judiciaire. Il risque jusqu’à cinq ans de prison.
Une enquête financière en cours
Les investigations se poursuivent désormais pour déterminer l’étendue exacte des préjudices financiers causés par cette escroquerie. Les autorités s’attachent à chiffrer précisément les pertes subies par l’ensemble des victimes.
À ce stade de l’enquête, aucun élément n’indique que des fonds publics auraient été détournés ou versés à cette structure frauduleuse. Les investigations continueront pour éclaircir tous les aspects de cette affaire complexe.

