Escroquerie sordide : un fils garde sa mère dans un congélateur
En Grande-Bretagne, une affaire hors du commun vient de s’achever devant les tribunaux. Un sexagénaire a dissimulé le décès de sa mère adoptive durant près de deux ans, plaçant son corps dans un appareil frigorifique tout en continuant de percevoir ses prestations sociales. Une histoire qui révèle autant une fraude financière qu’un trouble psychologique profond.
Une condamnation pour fraude et dissimulation de cadavre
La justice britannique a prononcé une peine de deux ans et quatre mois d’emprisonnement à l’encontre de Christopher Phillips, âgé de 60 ans. Cet homme a été reconnu coupable d’avoir conservé la dépouille de sa mère dans un congélateur afin de continuer à toucher les allocations auxquelles elle avait droit.
Le montant total de la fraude aux prestations sociales s’élève à plus de 78 000 livres sterling, soit environ 91 000 euros. Les autorités ont d’ores et déjà engagé des procédures pour récupérer les sommes perçues frauduleusement.
Un décès dissimulé pendant près de deux ans
Sylvia Phillips s’est éteinte le 8 mars 2023 à l’âge de 89 ans. Deux jours seulement après son décès, son fils adoptif a fait l’acquisition d’un congélateur dans lequel il a placé le corps de sa mère.
La macabre découverte n’a eu lieu qu’en février dernier, lorsque les forces de l’ordre se sont rendues au domicile. C’est le médecin traitant de la défunte qui avait alerté la police, inquiet de ne plus avoir de nouvelles de sa patiente depuis plusieurs mois.
Un signalement qui lève le voile
Face aux interrogations du praticien, Christopher Phillips avait d’abord prétendu que sa mère avait déménagé à Londres. Cette version n’a pas convaincu les autorités médicales, qui ont décidé de signaler la disparition.
Lors de la perquisition, les enquêteurs ont découvert des roses et une carte d’anniversaire déposées avec le corps dans le congélateur, témoignant d’une forme de rituel commémoratif.
Une relation fusionnelle devenue pathologique
Adopté par Sylvia Phillips lorsqu’il avait seulement deux ans, Christopher entretenait avec elle une relation exceptionnellement proche. Cette proximité affective s’est transformée en une incapacité totale à accepter la disparition de sa mère adoptive.
Lors de son audition, le sexagénaire a confié qu’il « ne voulait pas laisser partir sa mère » et qu’il « avait besoin de plus de temps ». Ces déclarations révèlent un déni de la mort particulièrement marqué.
Des conversations avec une morte
Les témoignages recueillis pendant l’enquête ont mis en lumière des comportements troublants. Christopher Phillips continuait à dialoguer avec sa mère comme si elle était toujours en vie, évoquant notamment des programmes télévisés et des courses hippiques.
Plus étonnant encore, il avait pris l’habitude de dormir à proximité du congélateur, incapable de se séparer physiquement de la dépouille.
Une autopsie sans réponse définitive
L’examen médico-légal pratiqué sur le corps de Sylvia Phillips n’a pas permis de déterminer avec certitude la cause exacte de son décès. Les conditions de conservation ont probablement compliqué les analyses.
Toutefois, les experts n’ont relevé aucun indice suggérant une mort suspecte. Rien ne laisse penser que Christopher Phillips aurait été impliqué dans le décès de sa mère, mais plutôt dans sa dissimulation.
Une affaire entre pathologie mentale et délit financier
Ce dossier soulève la question complexe de la frontière entre trouble psychologique et acte délibéré. Si la dimension affective ne peut être écartée, la fraude aux prestations sociales démontre néanmoins une forme de conscience des actes commis.
Les autorités poursuivent leurs démarches pour recouvrer les 91 000 euros indûment perçus pendant ces deux années de dissimulation. Une somme conséquente qui témoigne de l’ampleur de la fraude organisée.

