Crans-Montana : les journalistes menacés par les proches des propriétaires du bar
Des scènes d’intimidation inquiétantes se sont multipliées dans la petite commune suisse de Lens. Plusieurs équipes de presse internationale ont été prises à partie alors qu’elles enquêtaient sur l’incendie tragique du bar « Le Constellation », soulevant des questions sur la liberté de la presse et le climat tendu entourant cette affaire.
Agressions verbales et menaces contre les médias
Les journalistes venus couvrir les suites du drame ont fait face à un accueil hostile. Devant le restaurant « Le Vieux Chalet » à Lens, une équipe de la chaîne italienne Rai1 a subi des intimidations violentes.
Un homme portant casquette et lunettes s’est approché de manière menaçante d’un journaliste, l’insultant avec une agressivité manifeste. Les propos étaient si violents et grossiers que l’équipe a dû quitter précipitamment les lieux pour assurer sa sécurité.
Domenico Marocchi, journaliste de Rai, a confirmé avoir déposé une plainte suite à cet incident. Il a notamment rapporté avoir reçu des menaces de mort lors de cette confrontation.
Un second média également ciblé
Le quotidien suisse Blick n’a pas été épargné. Un de ses journalistes a vécu une expérience similaire au même endroit. Un employé, identifié comme Bertrand L., l’a menacé et insulté ouvertement.
La scène a été aggravée par l’intervention d’une femme qui a également proféré des insultes à l’encontre du reporter. Cette succession d’incidents démontre un schéma inquiétant d’hostilité envers la presse.
Les propriétaires du « Constellation » s’expriment
Pendant ce temps, Jacques et Jessica Moretti, propriétaires du bar tragiquement incendié, ont rompu le silence. Dans une déclaration publique, ils se sont dits « dévastés et envahis par le chagrin » suite au drame.
Le couple a également affirmé collaborer pleinement avec les enquêteurs chargés de faire la lumière sur les causes et les responsabilités dans cette affaire qui a coûté la vie à plusieurs personnes.
Une situation judiciaire qui interpelle
Les Moretti font face à de graves accusations : homicide par négligence, lésions corporelles et incendie par négligence. Pourtant, ils ne sont ni en détention provisoire, ni assignés à résidence, une situation qui a suscité l’étonnement des autorités italiennes.
La procureure générale Béatrice Pilloud a justifié cette décision par l’absence de preuves suggérant un risque de fuite des suspects, malgré la gravité des charges qui pèsent contre eux.
Un passé judiciaire qui refait surface
Les investigations ont mis en lumière le passé troublé de Jacques Moretti. L’homme d’affaires n’est pas inconnu de la justice française, ayant été incarcéré en 2005 puis condamné en 2008 dans une affaire de proxénétisme.
Son nom apparaît également dans sept autres dossiers, principalement pour des faits d’escroquerie, bien qu’aucune de ces affaires n’ait abouti à une condamnation formelle.
Cette révélation ajoute une dimension supplémentaire à une affaire déjà complexe, où l’émotion et les tensions semblent avoir atteint leur paroxysme avec ces actes d’intimidation contre la presse.

