Chaos et trafic : le canal Saint-Martin sous la coupe des gangs
Le canal Saint-Martin, symbole de la vie parisienne et lieu prisé des promeneurs, fait face à une situation alarmante. Depuis plusieurs mois, le quai de Jemmapes, dans le 10ᵉ arrondissement, a vu s’installer un campement qui a rapidement viré au cauchemar pour les habitants du quartier.
D’un camp de migrants à une zone de trafic
Tout a commencé en novembre 2025, lorsqu’un regroupement de migrants s’est installé sur le haut du quai de Jemmapes. En quelques semaines, la nature du campement a radicalement changé.
Ce qui constituait initialement un lieu d’hébergement précaire s’est métamorphosé en un véritable point de vente de crack à ciel ouvert. La transformation a été rapide et brutale.
Une organisation sous l’emprise de deux hommes
Le campement semble être contrôlé par deux individus qui règnent sur le secteur. Leur apparence ne laisse aucun doute sur leur rôle : l’un arbore une casquette Gucci.
Ces deux hommes sont armés de poings américains, l’un équipé de griffes rappelant le personnage de Wolverine, l’autre hérissé de pics. Une mise en scène qui impressionne et intimide.
Quatre canapés ont été disposés sur le trottoir, où ces « chefs de gang » reçoivent les personnes venues acheter leur dose. Des files d’attente se forment régulièrement devant ces sièges improvisés.
Des riverains au bout du rouleau
Martin, qui habite le long du canal Saint-Martin, ne mâche pas ses mots. « On se croirait dans Les Soprano », déclare-t-il, illustrant l’ambiance mafieuse qui règne désormais dans le quartier.
Il explique que ces hommes exercent un contrôle total sur les lieux : « Ce sont eux qui attribuent les tentes, qui décident si vous entrez en échange d’une offrande… ».
Le quotidien insupportable d’un habitant
Didier réside au 198 du quai depuis quinze ans. Son appartement se situe exactement au-dessus du point de deal. Une situation devenue invivable au fil des mois.
« Ils ont installé leurs sièges devant chez moi », raconte-t-il avec amertume. Ce riverain a pris l’habitude de filmer les scènes qui se déroulent sous ses fenêtres.
Ses vidéos témoignent d’une réalité glaçante : des hommes en état de démence, qu’il qualifie de « zombies », s’emparent de mobilier urbain et effraient les passants. « Ils sont prêts à n’importe quoi pour gratter 1 euro », constate-t-il.
Agressions, prostitution et intrusions
Les habitants décrivent une situation « critique ». Les nuisances ne se limitent pas au trafic de drogue.
Le quartier connaît une multiplication des agressions, l’apparition de la prostitution et des intrusions récurrentes. L’insécurité s’est installée durablement dans ce secteur pourtant résidentiel de la capitale.

