Carcassonne : la mairie mure par erreur un immeuble occupé légalement
Les opérations de fermeture de squats menées tambour battant peuvent parfois déraper. À Carcassonne, une bavure administrative a transformé une action municipale de lutte contre l’occupation illégale en incident embarrassant. Un propriétaire s’est retrouvé face à un mur devant son bien, sans avoir été prévenu.
Un propriétaire découvre son immeuble muré
En début de semaine, la municipalité de Carcassonne a décidé de fermer ce qu’elle pensait être un huitième squat dans la ville. Mardi, les services techniques ont érigé un mur au 21 rue de la République, bloquant totalement l’accès au bâtiment.
Le problème ? L’opération visait la mauvaise adresse. Le propriétaire légitime de l’immeuble a appris la nouvelle par un ami et n’avait reçu aucune notification préalable des autorités.
« J’ai halluciné », a-t-il confié au journal L’Indépendant, résumant sa stupéfaction face à cette situation ubuesque.
Une erreur administrative reconnue
Selon les informations révélées par L’Indépendant, une confusion dans la transmission des informations serait à l’origine de cette erreur. Le quotidien rapporte : « Une mauvaise information est parvenue au personnel. Les services ont muré l’entrée du 21 rue de la République mais il ne s’agissait pas du squat en question ».
Face à cette bévue, les équipes municipales ont dû effectuer un retour sur les lieux, escortées par la police municipale, pour démolir le mur qu’elles venaient d’ériger quelques heures auparavant.
Un propriétaire non informé mais compréhensif
Le propriétaire concerné n’a pas mâché ses mots concernant le défaut de communication. « Je n’ai pas du tout été informé par la mairie. J’ai appelé et je leur ai demandé de démurer. Ce qu’ils ont fait rapidement. Ils se seraient trompés », a-t-il expliqué.
Malgré l’ampleur de la bourde, il a choisi de ne pas engager de poursuites judiciaires. Il rappelle néanmoins : « Je pense quand même qu’ils sont dans l’obligation de prévenir le propriétaire dans ces situations ».
Une politique anti-squat très active
Christophe Barthès, maire RN élu en mars dernier, a fait de la lutte contre les squats l’un de ses chevaux de bataille. Depuis son arrivée à la tête de la municipalité, plusieurs occupations illégales ont été fermées dans la ville.
Sur les réseaux sociaux, l’édile avait affiché sa détermination dès le mois de juin : « La propriété privée, c’est sacré, à Carcassonne les squatteurs, c’est terminé ! »
Mardi, il avait annoncé sur Facebook la fermeture de ce huitième squat, avant que l’erreur ne soit révélée au grand jour.
Un rebondissement inattendu
Vendredi, dans une nouvelle publication sur ses réseaux sociaux, le maire a apporté une précision surprenante concernant cette affaire. Il a indiqué que « le propriétaire du squat fermé mardi, Rue de la République souhaite le vendre afin d’en finir définitivement avec ce squat ».
Pour faciliter cette transaction, Christophe Barthès a précisé : « J’ai donc demandé aux services de le rouvrir afin de lui permettre de le faire visiter aux futurs acquéreurs et aux agences immobilières ».
Le silence de la mairie
Sollicitée par L’Indépendant pour obtenir des explications complémentaires sur cet incident, la mairie de Carcassonne n’a fourni aucune réponse officielle.
Cette absence de communication contraste avec la présence active du maire sur les réseaux sociaux, où il commente régulièrement ses actions municipales.

