Zoo des Pyrénées-Atlantiques ciblé : onze primates rares retrouvés après vol
Le trafic d’animaux exotiques frappe encore la France. Un zoo des Pyrénées-Atlantiques vient de subir un vol spectaculaire impliquant des primates rares, classés parmi les espèces les plus menacées de la planète. Une affaire qui met en lumière l’ampleur inquiétante du commerce illégal d’animaux sauvages.
Un butin de grande valeur dérobé en pleine nuit
Entre lundi et mardi dernier, quatorze primates ont été dérobés à l’Exotic Park, situé à proximité de Pau. Les voleurs ont ciblé des ouistitis et des tamarins pinchés, des espèces classées en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Les malfaiteurs n’ont pas hésité à fracturer portes et fenêtres pour pénétrer dans les installations du parc animalier. Leur cible était soigneusement choisie : des « familles entières, avec des jeunes », représentant une « petite fortune sur le marché noir ».
Une mobilisation rapide des forces de l’ordre
Les dispositifs de sécurité du parc ont joué un rôle crucial dans la résolution de cette affaire. Équipé d’alarmes, d’un système de vidéosurveillance performant et bénéficiant d’une présence humaine nocturne, l’établissement a pu fournir rapidement des éléments déterminants aux enquêteurs.
Les gendarmes ont procédé à plusieurs interpellations à Tarbes. Selon les investigations, les suspects ne seraient pas liés à un réseau de trafiquants déjà répertorié par les autorités.
Un bilan presque complet
Sur les quatorze primates concernés, un premier animal avait été découvert dissimulé quelque part dans l’enceinte du parc. Par la suite, onze des treize singes effectivement volés ont pu être récupérés.
L’Exotic Park a invité le public à venir constater l’état des animaux récupérés, précisant qu’ils sont « un peu traumatisés, mais en bonne santé ». La direction souhaite ainsi rassurer les visiteurs sur le bien-être de ses pensionnaires.
Un dossier transféré au pôle environnemental
Initialement conduite par le parquet de Pau, l’enquête a été confiée au pôle régional environnemental rattaché au parquet de Bayonne. Ce transfert témoigne de la gravité accordée à cette affaire de vol d’espèces protégées.
Les investigations se poursuivent pour identifier le devenir des primates encore manquants et déterminer les motivations exactes des auteurs présumés.
Le commerce d’espèces sauvages, un fléau planétaire
Cette affaire s’inscrit dans un contexte mondial préoccupant. Le trafic d’espèces protégées concerne plus de 4 000 espèces animales et végétales à travers plus de 160 pays dans le monde.
Interpol estime que ce commerce illicite génère au minimum 20 milliards de dollars de revenus annuels au niveau international. Un marché noir extrêmement lucratif qui alimente les convoitises.
Un sanctuaire pour animaux rescapés
L’Exotic Park héberge environ 300 animaux. Plus de la moitié d’entre eux ont été recueillis après avoir subi des maltraitances ou ont été saisis dans le cadre d’opérations de lutte contre les trafics.
L’établissement joue donc un double rôle : celui de refuge pour des créatures meurtries et celui de vitrine pédagogique sur la protection de la biodiversité. Un rôle aujourd’hui endeuillé par cette tentative de pillage.

