Viol d’une nonagénaire à Biarritz : l’ADN perce un mystère de 11 ans
Certaines affaires judiciaires nécessitent une patience et une persévérance hors du commun. Les progrès de la science permettent aujourd’hui de résoudre des crimes qui semblaient destinés à rester impunis. C’est le cas d’une agression particulièrement odieuse commise sur une personne âgée dans le Pays basque.
Un crime commis sous une fausse identité
En avril 2015, une femme âgée de 93 ans est victime d’un viol à son domicile de Biarritz, dans les Pyrénées-Atlantiques. L’agresseur parvient à entrer chez elle sans forcer aucune porte, employant une ruse redoutable.
Il se présente comme un soignant envoyé par l’organisme d’aide à domicile qui intervient habituellement chez la nonagénaire. En se faisant passer pour un infirmier, il gagne la confiance de sa victime avant de commettre son crime.
Mariel Garrigos, procureure de la République à Bayonne, souligne un élément troublant : « Tout indiquait que l’auteur connaissait les lieux, savait comment y accéder et neutraliser le dispositif d’alerte ».
Une enquête longue et complexe
Malgré le prélèvement d’ADN effectué immédiatement après les faits, l’identification du coupable s’avère impossible dans un premier temps. La victime, traumatisée, ne parvient pas à reconnaître son agresseur.
L’impasse initiale
Les premières recherches généalogiques menées en 2016 ne donnent aucun résultat probant. L’affaire semble dans l’impasse, condamnée à rejoindre le rang des cold cases irrésolus.
Le tournant scientifique
Onze ans après l’agression, l’empreinte génétique du suspect finit par être enregistrée dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). C’est alors qu’une correspondance est détectée.
Le Service national de police scientifique entreprend de nouvelles investigations génétiques. Ces analyses permettent d’isoler quatre individus présentant un profil génétique similaire à celui recherché, dont le père du mis en cause.
Un stagiaire infirmier aux aveux
L’homme interpellé mardi dernier est âgé de 32 ans aujourd’hui. Au moment des faits, il effectuait un stage d’infirmier au sein même de l’organisme qui intervenait chez la victime. Cette position lui donnait un accès privilégié aux informations et aux domiciles des personnes assistées.
Confronté aux preuves, le suspect adopte une attitude ambiguë. Il « reconnaissait les faits, tout en les minimisant et déclarait souffrir de pulsions sexuelles depuis l’enfance », selon les informations communiquées par le parquet.
Une détention provisoire et de nouvelles investigations
Mis en examen pour viol sur personne vulnérable, l’homme a été placé en détention provisoire. Cette mesure a été annoncée mercredi 28 octobre par le parquet de Bayonne.
L’information judiciaire ne s’arrête pas là. La procureure Mariel Garrigos indique qu’elle doit désormais « s’attacher à établir l’existence possible d’autres victimes ».
Le profil du mis en cause et sa position au sein d’un organisme d’aide à domicile soulèvent en effet la question d’éventuelles autres agressions. Les enquêteurs vont devoir examiner minutieusement son parcours professionnel pour déterminer s’il a pu sévir auprès d’autres personnes vulnérables.

