Bordeaux : un enseignant d’un établissement catholique accusé de 17 viols
Un scandale d’une ampleur considérable secoue l’enseignement catholique bordelais. L’affaire, qui implique un ancien instituteur de CM1 accusé d’actes pédocriminels commis pendant près de 15 ans, a provoqué une onde de choc dans l’établissement et au-delà. Les révélations successives ont mis en lumière un système de surveillance défaillant et des alertes ignorées.
Une affaire aux proportions dramatiques
La justice a ordonné le renvoi d’un ex-enseignant de l’établissement catholique Saint-Genès La Salle de Bordeaux devant la cour criminelle de la Gironde. L’homme est accusé d’avoir commis des viols sur 17 élèves entre 2008 et 2012, période durant laquelle il exerçait comme instituteur en classe de CM1.
L’enquête révèle également des agressions sexuelles présumées sur six autres enfants entre 2017 et 2023, ainsi que des faits de voyeurisme et d’atteinte à l’intimité concernant d’autres mineurs. Au total, les investigations ont permis d’identifier 36 victimes potentielles, un chiffre qui pourrait encore s’alourdir.
Une découverte fortuite et des conséquences tragiques
Cette affaire d’une gravité exceptionnelle a éclaté en juin 2023 dans des circonstances particulières. Deux élèves ont surpris leur enseignant en train de les filmer sous la douche lors d’un séjour scolaire. Cette découverte a immédiatement déclenché une procédure judiciaire.
L’instituteur a rapidement été mis en examen pour agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans, détention d’images à caractère pédopornographique et voyeurisme.
Un drame au sein de l’établissement
Le scandale a profondément ébranlé la communauté éducative de Saint-Genès La Salle. Dans un enchaînement tragique des événements, le directeur de l’établissement s’est donné la mort peu après la mise en examen de l’enseignant, ajoutant une dimension dramatique supplémentaire à cette affaire.
Des signalements ignorés et un système défaillant
L’un des aspects les plus troublants de cette affaire concerne les alertes précoces qui n’ont pas été prises en compte. Un premier signalement des comportements inquiétants de l’enseignant avait été effectué dès 2011, soit douze ans avant que l’affaire n’éclate au grand jour. Ce signalement est malheureusement resté sans suite sérieuse, permettant à l’instituteur de poursuivre ses agissements pendant plus d’une décennie.
D’autres victimes potentielles
L’avocat représentant les parties civiles a souligné que le nombre de victimes pourrait être plus important que celui actuellement recensé. Plusieurs enfants n’ont peut-être pas encore témoigné, soit par crainte, soit par impossibilité psychologique de faire face à leur traumatisme.
Vers un procès en 2026
Le processus judiciaire suit son cours, avec un procès qui devrait se tenir à la fin de l’année 2026. Cette échéance, bien que lointaine, représente pour les victimes et leurs familles l’espoir d’obtenir enfin justice et reconnaissance des souffrances endurées.
L’ampleur de cette affaire soulève des questions cruciales sur la protection des enfants en milieu scolaire et les mécanismes de surveillance et d’alerte qui doivent être renforcés pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.

