Un couple porte plainte : leur bébé meurt de froid
En Moselle, un drame familial se joue dans les couloirs de la justice. Depuis plus de trois ans, des parents cherchent à comprendre les circonstances exactes du décès de leur bébé de deux mois, survenu à l’hôpital de Mercy. Une affaire qui met en lumière des questions troublantes sur les conditions de prise en charge d’un enfant particulièrement vulnérable.
Un décès inexplicable pour des parents dévastés
Le cauchemar a commencé en février 2020 pour ce couple de Hayange. Leur petit Eden, seulement âgé de deux mois, est décédé alors qu’il était hospitalisé au centre hospitalier de Mercy, près de Metz.
L’enfant, qui ne pesait que 2,2 kg à la naissance, souffrait d’une méningite et avait été placé en service de réanimation. Le nourrisson était également atteint d’Incontinentia Pigmenti, une maladie génétique rare entraînant un déficit immunitaire – pathologie dont souffre également sa sœur aînée.
Selon le père, interrogé par Le Républicain Lorrain, la cause du décès serait une hypothermie. « Dans les dernières minutes de sa vie, sa température corporelle n’était plus qu’à 25°C », a-t-il expliqué, pointant du doigt la présence d’un climatiseur situé juste au-dessus du lit de son fils.
Des témoignages troublants sur les conditions d’hospitalisation
Le témoignage du père révèle des éléments troublants sur les derniers moments de l’enfant. Il rapporte notamment la réaction des soignants venus pour transférer l’enfant vers un autre établissement.
« Lorsque les médecins du 54 sont arrivés pour son transfert à Nancy-Brabois, ils ont vu Eden placé sous l’air conditionné. Ils étaient stupéfaits », a-t-il confié au quotidien régional.
Cette stupéfaction des médecins extérieurs à l’établissement constitue un élément central dans la démarche judiciaire entreprise par la famille, qui cherche à comprendre comment un tel drame a pu se produire.
Une procédure judiciaire en cours
Face à ces interrogations persistantes, les parents ont franchi le pas en 2023 en déposant une plainte. L’enquête avance progressivement, comme l’a confirmé leur avocat, Maître Rudyard Bessis.
« Une dizaine de médecins a déjà été entendue. Mais d’autres auditions restent à venir et surtout, une nouvelle expertise est en cours. », a précisé l’avocat du couple.
De son côté, l’établissement hospitalier affirme sa volonté de faire toute la lumière sur cette affaire. Contacté par Le Républicain Lorrain, l’hôpital a indiqué « collaborer pleinement à l’éclaircissement des circonstances du décès ».
Des questions sur la prise en charge des enfants fragiles
Cette tragédie soulève des questions importantes concernant les protocoles de soins pour les nourrissons particulièrement vulnérables. La maladie génétique dont souffrait Eden, l’Incontinentia Pigmenti, combinée à sa méningite et son faible poids, nécessitait une attention particulière que les parents estiment ne pas avoir été respectée.
L’expertise médicale en cours devra déterminer si les conditions d’hospitalisation étaient adaptées à l’état de santé du petit Eden, et si des manquements peuvent être établis dans sa prise en charge.

