Tuée par son ex-compagnon trois jours après sa libération : le mari face aux assises
La séparation devait marquer un nouveau départ pour Sylvie Sanchez. Mais les menaces de son ancien partenaire, Daniel Malagut, se sont tragiquement concrétisées. Malgré les alertes lancées aux autorités et les démarches entreprises pour se protéger, cette quinquagénaire n’a pas échappé à la violence de celui qui partageait sa vie depuis trois décennies.
Des signaux d’alerte ignorés par le système
À 58 ans, Sylvie Sanchez avait pris la décision de quitter Daniel Malagut après environ trente années de relation. Une rupture que l’homme n’acceptait pas. Son comportement, marqué par une jalousie pathologique, s’était intensifié au fil du temps.
Face au harcèlement et au contrôle permanent exercé sur elle, la victime avait multiplié les démarches. Le 18 juin 2023, elle déposait une main courante. Puis, constatant la persistance des menaces de mort, elle franchissait un cap supplémentaire en portant plainte officiellement.
Une libération qui précède le drame
Daniel Malagut avait reconnu devant les enquêteurs avoir proféré ces menaces. Placé en garde à vue, puis hospitalisé en psychiatrie, il était finalement libéré le 31 juillet 2023. Une simple convocation pour composition pénale lui était adressée, avec une audience prévue en novembre.
Cette alternative aux poursuites judiciaires classiques ne permettait pas d’assurer la protection de Sylvie Sanchez. Trois jours seulement après sa sortie de détention, le 3 août 2023, Daniel Malagut passait à l’acte en tuant son ancienne compagne.
L’impuissance d’une famille alertée
Consciente du danger imminent, Sylvie Sanchez avait confié ses inquiétudes à l’un de ses frères. Elle pressentait que la situation pouvait basculer dans la violence extrême. Ses proches avaient perçu son angoisse grandissante face aux agissements de son ex-partenaire.
Aujourd’hui, Michael Sanchez, proche de la victime, exprime son désarroi : « Qu’est-ce qu’elle aurait pu faire de plus ? » Une question qui résonne comme un cri d’impuissance face à l’échec du dispositif de protection.
Un procès sous le signe du féminicide
Le procès de Daniel Malagut s’ouvre désormais devant la justice. Les circonstances du meurtre et l’historique des violences conjugales seront examinés par la cour. L’accusation devra démontrer la préméditation et la conscience de l’acte.
Me Fabien Arakelian, représentant la famille de Sylvie Sanchez, ne mâche pas ses mots. Pour l’avocat, ce drame illustre parfaitement les failles du système : « C’est la chronique d’un féminicide annoncé ».
Les défaillances du dispositif de protection
Ce cas met en lumière les lacunes persistantes dans la prise en charge des victimes de violences conjugales. Malgré les signalements répétés, les mesures d’éloignement n’ont pas été prononcées. La composition pénale proposée apparaît aujourd’hui comme une réponse inadaptée face à la gravité des menaces.
Le dossier soulève également la question de l’évaluation psychiatrique. L’hospitalisation de Daniel Malagut n’a pas empêché sa libération rapide, sans qu’un suivi contraignant ne soit mis en place pour protéger son ancienne compagne.

