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Tragédie en mine d’or : des dizaines de morts en exploitation incontrôlée

L’exploitation aurifère artisanale continue de faire des ravages en Centrafrique. Un nouvel effondrement meurtrier vient rappeler les dangers mortels auxquels s’exposent quotidiennement des centaines de travailleurs dans des conditions précaires, loin de tout contrôle gouvernemental.

Un drame humain d’une ampleur considérable

Le 6 mai dernier, la mine d’or de Bé-Mbari a été le théâtre d’un terrible accident. Située dans le département de Nana-Mambéré, à l’ouest du pays près de la frontière camerounaise, cette exploitation a connu un effondrement catastrophique.

Plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie dans cet éboulement. De nombreux corps restent à ce jour ensevelis sous les décombres, tandis que des disparus sont toujours recherchés activement par les secours.

Mercredi dernier, les activités extractives n’avaient toujours pas repris sur le site. Le silence des autorités demeure total : aucune communication officielle n’a été diffusée concernant cette tragédie.

Une zone échappant au contrôle de l’État

La mine de Bé-Mbari se trouve dans une région particulièrement enclavée et difficile d’accès. Plusieurs groupes armés hostiles au gouvernement y opèrent, rendant toute intervention étatique complexe.

Selon Radio Ndeke Luka dans un article publié mercredi, « le contrôle de ce gisement échappe globalement à l’État et le non-respect des règles d’exploitation artisanale serait à l’origine des drames enregistrés ces derniers temps ».

Une réglementation contournée

Aïcha Pemboura, chercheuse à l’Observatoire sur le crime organisé et la violence en Afrique centrale, soulignait déjà en mars que « bien que l’exploitation minière artisanale en Centrafrique soit réglementée, de nombreux mineurs et commerçants travaillent sans permis d’exploitation dans des zones non autorisées ou contournent les circuits commerciaux officiels ».

Cette situation illustre le fossé existant entre le cadre légal et la réalité sur le terrain, où la survie économique l’emporte souvent sur le respect des normes de sécurité.

Des richesses convoitées par les puissances étrangères

Le sous-sol centrafricain regorge de ressources précieuses : uranium, lithium, diamant, bois et or. Ces richesses attirent les convoitises de nombreuses sociétés internationales venues des États-Unis, de Chine, de Russie, du Rwanda, du Canada ou encore de France.

Paradoxalement, cette abondance minérale ne profite que marginalement à la population locale, qui continue de travailler dans des conditions extrêmement dangereuses pour extraire ces métaux précieux.

Une série noire d’accidents meurtriers

Les effondrements dans les mines centrafricaines sont devenus tristement récurrents. Ces exploitations, souvent illégales et dépourvues de toute supervision, multiplient les accidents mortels.

À la mi-mars, un éboulement dans une mine du village de Ngourroum, également dans l’ouest du pays, avait causé la mort de 7 personnes.

En février précédent, c’est dans la localité de Gordi, au nord-est, qu’un effondrement similaire avait coûté la vie à 20 travailleurs. Cette succession de drames témoigne de l’urgence d’une régulation effective du secteur minier artisanal dans cette région d’Afrique centrale.

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