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Spectaculaire saisie de 1,5 million d’euros dans le BTP du Val-d’Oise

Le secteur du bâtiment fait face à une nouvelle affaire de fraude présumée d’envergure. Une opération de grande ampleur menée dans le Val-d’Oise a permis de mettre au jour un système complexe de dissimulation de salariés et de blanchiment d’argent. Les enquêteurs ont découvert un écart troublant entre l’activité réelle de l’entreprise et ses déclarations officielles.

Une opération d’envergure dans le Val-d’Oise

Le 5 mai 2026, trois individus ont été appréhendés dans le cadre d’une investigation ciblant une société du secteur du bâtiment. Cette intervention fait suite à une enquête minutieuse orchestrée par la Cellule de lutte contre le travail illégal et la fraude (Celtif).

Les autorités ont procédé à des saisies impressionnantes, totalisant près de 1,5 million d’euros en biens et avoirs divers. Parmi ces saisies figurent trois propriétés immobilières évaluées à 900 000 euros.

Un butin révélateur du train de vie des suspects

L’ampleur des saisies témoigne d’un enrichissement considérable. Les forces de l’ordre ont notamment mis la main sur deux véhicules Mercedes haut de gamme, dont la valeur cumulée dépasse 60 000 euros.

Plus surprenant encore, un lingot d’or d’un kilogramme a été découvert lors des perquisitions. À cela s’ajoutent plus de 160 000 euros en liquidités et 70 000 euros de bijoux.

Les comptes bancaires des personnes impliquées contenaient également 25 000 euros supplémentaires, qui ont été gelés.

Un chiffre d’affaires incompatible avec les effectifs déclarés

L’enquête a démarré à la suite d’un contrôle aléatoire qui a éveillé les suspicions de l’Urssaf. Les investigations ont révélé des incohérences flagrantes dans le fonctionnement de cette entreprise de BTP.

Entre octobre 2020 et septembre 2024, la société a engrangé un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros. Pourtant, seulement trois employés étaient déclarés en moyenne chaque mois, selon les documents officiels.

Cette disproportion manifeste entre l’activité économique et les effectifs officiels constitue le cœur des accusations. L’Urssaf estime son préjudice à hauteur de 2 millions d’euros.

Un montage présumé avec gérant de paille

Les enquêteurs ont identifié un schéma organisationnel complexe. Le dirigeant officiel serait en réalité un simple prête-nom, tandis qu’une autre personne exercerait le véritable contrôle de l’entreprise.

Ce présumé dirigeant réel se trouve au centre des accusations. Les autorités le soupçonnent d’avoir orchestré le système de travail dissimulé permettant d’échapper aux cotisations sociales.

Des soupçons de blanchiment au sein de la famille

L’affaire s’étend au-delà du simple cadre professionnel. Un membre de la famille du dirigeant présumé fait l’objet de suspicions de blanchiment d’argent.

Cette personne aurait utilisé les fonds issus de l’activité frauduleuse pour acquérir des biens immobiliers, servant ainsi à recycler l’argent détourné.

Suite judiciaire et convocations

Le gérant officiel a été présenté devant la justice le 6 mai, en vue d’un placement sous contrôle judiciaire. Cette mesure permet d’encadrer ses déplacements et activités en attendant la suite de la procédure.

Les deux autres personnes interpellées ont reçu une convocation à comparaître devant le tribunal. Elles devront répondre des accusations portées à leur encontre dans le cadre de cette vaste affaire.

Cette opération illustre la détermination des autorités à lutter contre les fraudes dans le secteur du bâtiment, particulièrement touché par ces pratiques illégales.

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