Son mari l’avait inscrite aux interdits de jeu à son insu : 13 ans plus tard, elle perd un gain de 35 000 €
Un gain substantiel transformé en cauchemar administratif. En Espagne, une septuagénaire se retrouve privée de son prix de loterie à cause d’une décision prise par son époux il y a plus d’une décennie. Une affaire qui soulève de nombreuses questions sur les procédures d’exclusion des jeux de hasard.
Un gain de 35 000 euros impossible à récupérer
Carmen, 79 ans, a décroché la cagnotte en août 2025. Mais sa joie a été de courte durée. L’administration lui refuse le versement de ses 35 000 euros en raison de son inscription sur un registre des personnes interdites de jeu.
Cette inscription date de 2012 et provient d’une démarche qu’elle n’a jamais effectuée elle-même. C’est son mari, aujourd’hui décédé, qui a réalisé cette inscription à son insu.
Une falsification révélée après treize ans
L’enquête a mis en lumière des irrégularités majeures. Le formulaire soumis était « non standard » selon l’administration. Plus troublant encore, le document contenait des erreurs sur le nom de famille et la date de naissance de Carmen.
Le mari de la septuagénaire avait falsifié l’identité et la signature de son épouse pour l’inscrire sur ce registre. Il est décédé en 2015, laissant Carmen face aux conséquences de cet acte frauduleux.
Un contrôle motivé par des raisons personnelles
La famille rejette catégoriquement l’idée que Carmen serait « addict » aux jeux de hasard. Une de ses filles a livré un témoignage édifiant sur les véritables motivations de son père.
Selon elle, leur père était « un mari horrible » et sexiste. Il n’aimait pas que Carmen se rende au bingo car cela le laissait seul. L’inscription sur le registre aurait donc servi à contrôler les déplacements de son épouse.
Une bataille judiciaire en cours
Face à cette situation, la famille de Carmen et son avocat ont exprimé leur indignation. Une action en justice a été lancée auprès de la Cour supérieure de justice de Madrid.
L’objectif est clair : faire annuler cette inscription frauduleuse et permettre à Carmen de toucher son gain légitime.
Une issue conditionnée à la décision du tribunal
La ONCE (Organización Nacional de Ciegos Españoles), l’organisme gestionnaire de la loterie, a pris position. Si l’inscription sur le registre est annulée par la justice, Carmen recevra son prix immédiatement.
En attendant le verdict, la septuagénaire reste privée de son gain, victime d’une démarche qu’elle n’a jamais autorisée et qui relève manifestement de la falsification.

