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Scandale des livestreams : huit mois de bannissement numérique pour deux influenceurs

Le streaming en direct peut parfois basculer dans l’horreur. À Nice, la justice a tranché dans une affaire qui a choqué la toile et mis en lumière les dérives d’un divertissement basé sur l’humiliation et la maltraitance humaine. Derrière les écrans et les donations, se cachait un système accusé d’exploiter la détresse de personnes vulnérables.

Des condamnations fermes pour les créateurs de contenu

Owen Cenazandotti, connu sous le pseudonyme Naruto, a écopé de la peine la plus lourde. Le tribunal l’a condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, assortis d’une amende de 15 000 euros. Une sanction particulière s’ajoute : six mois de bannissement numérique.

Son acolyte Safine Hamadi, alias Safine, n’échappe pas non plus à la justice. Il doit purger 18 mois d’emprisonnement avec sursis et s’acquitter de 5 000 euros d’amende. Comme son complice, il devra respecter six mois d’interdiction d’activité en ligne.

Un concept de chaîne basé sur la cruauté

Les diffusions mettaient en scène des violences et des humiliations répétées envers Jean Pormanove, surnommé JP, et Stéphane G., alias Coudoux. Ces scènes de maltraitance constituaient le cœur même du programme proposé aux spectateurs.

Chaque soir, environ 20 000 internautes se connectaient pour suivre ces livestreams. La popularité de la chaîne attirait même des personnalités variées : influenceurs reconnus, chanteurs et footballeurs participaient occasionnellement aux émissions.

Une affaire révélée par un drame en direct

Le scandale a éclaté durant l’été 2025 lorsque les abonnés ont découvert le décès de Jean Pormanove en pleine diffusion sur la plateforme Kick. Cet événement tragique a déclenché l’ouverture d’une enquête approfondie.

Après réalisation d’une autopsie complète, l’investigation concernant les circonstances du décès a finalement été classée sans suite par les autorités compétentes.

Un business lucratif de la souffrance

Le modèle économique de cette activité s’avérait particulièrement rentable pour ses protagonistes. Les streamers empochaient jusqu’à 6 000 euros mensuels, voire davantage selon les périodes et l’engagement du public.

Cette rémunération provenait essentiellement des donations des spectateurs et des revenus publicitaires générés par l’audience massive de la chaîne.

Le réquisitoire sans appel de la procureure

Lors des débats judiciaires à Nice, la procureure Maud Marty n’a pas mâché ses mots. Elle a qualifié l’ensemble du dispositif de « système de maltraitance humaine », soulignant la gravité des actes perpétrés.

La magistrate a fermement réfuté l’argument selon lequel il s’agirait d’un simple divertissement entre amis. Elle a insisté sur le fait que le mépris envers certaines personnes était érigé en concept même de la chaîne.

Une victime qui refuse ce statut

Paradoxalement, Stéphane G. ne se reconnaît pas comme victime des agissements filmés. Il a déclaré aux autorités : « On était une bande de potes, c’était juste notre délire ».

Cette position témoigne de la complexité psychologique de l’affaire et des mécanismes d’emprise qui peuvent se développer dans ce type de relations toxiques médiatisées.

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