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Retour explosif de Cocoland : justice en alerte face aux dangers persistants

La fermeture d’un site web ne signifie pas toujours la fin des problèmes qu’il a générés. Moins d’un an après la mise hors ligne de Coco, plateforme controversée au cœur de milliers d’affaires criminelles, une nouvelle version refait surface. Les autorités judiciaires ont immédiatement réagi face à cette résurgence inquiétante.

Une enquête ouverte par le parquet parisien

Le Parquet de Paris a lancé des investigations sur Cocoland, cette nouvelle mouture du site Coco qui avait été fermé en 2024. L’ancienne plateforme était accusée d’avoir servi de tremplin à de nombreuses agressions sexuelles et à des guets-apens à caractère homophobe.

Les investigations ont été confiées à l’unité nationale cyber de la gendarmerie nationale, spécialisée dans la cybercriminalité. Un dossier d’autant plus préoccupant que le site reste pleinement opérationnel, selon l’association Face à l’inceste, qui dénonce l’absence totale de vérification d’âge à l’entrée.

Un fondateur déjà mis en examen

Isaac Steidl, créateur du site Coco original, a été mis en examen en janvier 2025. Les chefs d’accusation retenus contre lui incluent notamment la diffusion d’images pédopornographiques et la participation à une association de malfaiteurs.

Par la voix de son avocat, l’intéressé conteste toute implication dans la réapparition de Cocoland. La défense qualifie les poursuites d’« injustes et juridiquement infondées », affirmant que son client ne porte aucune responsabilité dans cette nouvelle version du site.

Des chiffres alarmants sur l’ampleur du phénomène

L’historique de Coco témoigne de la gravité de la situation. La justice avait ordonné la fermeture définitive de la plateforme en juin 2024, après qu’elle eut été utilisée dans la commission de nombreux crimes.

Entre 2021 et 2024, pas moins de 23 051 procédures judiciaires ont été ouvertes en lien direct avec ce site. Parmi les affaires les plus médiatisées, on retrouve notamment le procès des viols de Mazan, qui a marqué l’opinion publique.

L’alerte des autorités

Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, s’est saisie du dossier. Elle a tiré la sonnette d’alarme concernant cette réapparition et s’est engagée à mettre en place des mesures strictes pour contrer ce type de plateformes dangereuses.

D’autres sites dans le collimateur

Le problème dépasse largement le cas Cocoland. Une enquête menée par CNN a révélé l’existence d’autres plateformes tout aussi préoccupantes, où s’échangent des conseils pour droguer et violer des conjointes.

La Fondation des femmes et l’association M’endors pas ont formellement demandé l’ouverture d’une enquête de la justice française sur ces sites. CNN cite notamment le cas de « Motherless », un site pornographique hébergeant une catégorie spécifiquement dédiée aux femmes endormies ou droguées.

Un combat qui se poursuit

Les organisations de protection des victimes insistent sur la nécessité d’actions concrètes et d’investigations approfondies. Ces plateformes, qui facilitent la commission de crimes graves, représentent une menace permanente pour les personnes vulnérables.

L’urgence de protéger les victimes potentielles reste au cœur des préoccupations des associations et des autorités, qui appellent à une mobilisation collective contre ces dérives du web.

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