Retour choquant de Cocoland : l’inefficacité des contrôles web mise en lumière
La réapparition d’un site de chat en ligne jugé toxique par les autorités ravive les inquiétudes des associations de protection de l’enfance et des victimes. Alors que la justice avait ordonné la fermeture de sa précédente version en 2024, cette nouvelle plateforme soulève de nombreuses questions sur l’efficacité des mesures de contrôle du web français.
Une résurgence qui fait scandale
La toile française fait face au retour inattendu de Cocoland, la nouvelle incarnation du site Coco. Ce dernier avait été fermé par décision judiciaire en 2024, dans le sillage du retentissant dossier impliquant Dominique Pelicot.
Sarah El Haïry n’a pas mâché ses mots face à cette réouverture. La responsable politique dénonce une « faillite collective » dans la lutte contre la pédocriminalité. Son constat illustre l’impuissance ressentie par les autorités face à ces plateformes qui renaissent perpétuellement.
Deux organisations majeures, la Fondation des femmes et M’endors pas, montent au créneau. Elles exigent une enquête approfondie sur l’implication de sites comparables dans des affaires criminelles.
La justice mobilise ses moyens
Le parquet de Paris a réagi rapidement en ouvrant une procédure d’investigation. L’unité nationale cyber de la gendarmerie nationale hérite de ce dossier sensible, marquant la volonté des autorités de démanteler ce nouveau réseau.
Du côté associatif, Face à l’inceste exprime son mécontentement. L’organisation pointe du doigt une réponse publique jugée insuffisante et dénonce l’absence flagrante de modération sur la plateforme nouvellement créée.
Le fondateur dans le viseur de la justice
Isaac Steidl, créateur du site Coco d’origine, fait l’objet d’une mise en examen. Les chefs d’accusation retenus contre lui incluent la diffusion d’images pédopornographiques ainsi que la corruption de mineur.
Me Julien Zanatta, avocat de Steidl, réfute catégoriquement toute participation de son client dans la renaissance de Cocoland. Cette déclaration soulève néanmoins la question de l’identité des véritables opérateurs de cette nouvelle version.
Un passif judiciaire accablant
L’ancien site Coco fonctionnait avec un système d’inscription minimal, ne requérant que peu de vérifications d’identité. Cette facilité d’accès en a fait un terrain propice aux prédateurs.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre janvier 2021 et mai 2024, pas moins de 23 051 procédures judiciaires ont été initiées en lien avec la plateforme. Sur le territoire français, 480 victimes ont été officiellement identifiées.
Connexion avec l’affaire de Mazan
Le site s’est retrouvé au cœur de l’affaire des viols de Mazan perpétrés par Dominique Pelicot. Cette implication dans un scandale national a précipité sa fermeture par les autorités judiciaires.
Cette affaire a mis en lumière le rôle facilitateur que peuvent jouer certaines plateformes numériques dans des crimes sexuels organisés.
Un phénomène qui dépasse les frontières
L’inquiétude ne se limite pas à Cocoland. D’autres sites hébergent des forums où des individus échangent des méthodes pour droguer et agresser leurs partenaires.
CNN a révélé l’existence d’une « académie mondiale du viol », mentionnant notamment le site pornographique « Motherless ». Cette enquête démontre l’ampleur internationale du phénomène et la nécessité d’une coordination transnationale pour y faire face.
Les associations alertent sur la prolifération de ces espaces numériques qui échappent à toute régulation efficace, mettant en danger des milliers de personnes vulnérables.

