Réseau meurtrier dans le Var : la famille accusée ciblait les jeunes soldats
Une sinistre affaire de disparitions et de meurtres vient de connaître un tournant décisif. Les restes humains découverts dans les Bouches-du-Rhône ont révélé l’existence d’un réseau criminel qui s’en prenait méthodiquement aux jeunes recrues venues du Pacifique. Une enquête glaçante qui pourrait ne dévoiler qu’une partie du tableau.
Deux jeunes soldats retrouvés morts après des années de disparition
Le parquet de Toulon a officiellement confirmé l’identité des victimes dont les ossements ont été exhumés fin mai. Il s’agit de Jacques Pakeso et Mike Gineste, deux militaires portés disparus dans des circonstances troublantes.
Jacques Pakeso, originaire de Nouméa où il est né en 1997, s’était volatilisé en mai 2022. Le jeune homme avait quitté la Nouvelle-Calédonie pour rejoindre Saint-Mandrier-sur-Mer dans le Var, où il devait effectuer ses classes au sein de la marine nationale.
Quant à Mike Gineste, né à Papeete en 1988, il servait dans la Légion étrangère. Considéré comme déserteur depuis mai 2023, son cas intriguait d’autant plus qu’il affichait d’excellents états de service et venait tout juste de renouveler son engagement. Sa famille n’avait plus eu aucun contact avec lui depuis cette date.
Une famille entière mise en examen pour meurtres et traite d’êtres humains
L’enquête a débouché sur des mises en examen fracassantes le 29 mai dernier. Une mère et ses deux fils sont directement soupçonnés d’avoir assassiné les deux militaires.
Mais l’ampleur de l’affaire dépasse largement ces deux meurtres. Cinq membres de cette même famille, dont le père et l’une des filles, font l’objet de poursuites pour traite d’êtres humains en bande organisée et séquestration en bande organisée.
Un piège méthodique tendu aux soldats du Pacifique
Les investigations ont mis au jour un mode opératoire glaçant et parfaitement rodé. Cette famille, installée dans le Var et dont la matriarche est originaire de Nouvelle-Calédonie, aurait délibérément ciblé des militaires venus d’outre-mer.
Le scénario se répétait : ces jeunes soldats étaient d’abord hébergés, puis progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et documents d’identité. Suivaient ensuite des violences et des séquestrations. Dans certains cas, cette emprise se terminait tragiquement.
Au moins sept autres victimes identifiées
Entre 2011 et 2023, plusieurs jeunes militaires ont séjourné chez cette famille. Sept d’entre eux ont témoigné auprès des enquêteurs, décrivant le même enchaînement : spoliation, privation de liberté et brutalités.
Jacques Pakeso et Mike Gineste figurent parmi les victimes qui ont été accueillies par ce clan avant de disparaître définitivement.
L’enquête se poursuit, d’autres disparus potentiels recherchés
Les circonstances exactes des décès de Jacques Pakeso et Mike Gineste restent à établir précisément. Les investigations se poursuivent pour reconstituer leurs derniers moments et comprendre comment ils ont été tués.
Le parquet de Toulon a maintenu un appel à témoins crucial. Les autorités souhaitent recueillir des informations sur d’autres disparitions possibles de personnes originaires des îles du Pacifique ayant séjourné dans le Var ces dernières années.
Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la vulnérabilité de ces jeunes militaires, loin de leur terre natale et de leurs repères familiaux, qui sont tombés dans les filets d’un réseau qui exploitait méthodiquement leur isolement.

