Refus d’obtempérer : flambée des infractions inquiète le Gard
Les forces de l’ordre du département constatent un phénomène inquiétant qui prend de l’ampleur. Alors que les routes françaises connaissent une augmentation généralisée des comportements dangereux, un territoire se distingue par une progression particulièrement alarmante de ces infractions routières graves.
Une progression spectaculaire dans le département
Les statistiques sont sans appel : 219 cas ont été recensés en zone police en 2025, marquant une hausse spectaculaire de 38 % en seulement douze mois. L’année précédente, ce chiffre s’établissait à 159 cas.
Du côté de la gendarmerie, 210 situations identiques ont été comptabilisées sur la même période, contre 216 en 2024. Une relative stabilité qui contraste avec l’évolution observée en zone urbaine.
Un écart significatif avec les données nationales
À l’échelle du pays, 28 200 refus d’obtempérer ont été enregistrés en 2025, représentant une augmentation de 11 % par rapport à l’année précédente. La tendance gardoise s’avère donc nettement plus marquée.
Jean-Philippe Nahon, à la tête de la direction interdépartementale du Gard, confirme cette dynamique préoccupante qui touche particulièrement son secteur.
Des disparités importantes selon les territoires
L’analyse par commune révèle des situations contrastées. Bagnols-sur-Cèze enregistre un bond spectaculaire, avec un nombre de cas multiplié par trois : de 13 refus en 2024 à 33 en 2025.
La préfecture du département n’est pas épargnée. Nîmes connaît une augmentation de 43 %, tandis qu’Alès maintient une relative stabilité.
Un début d’année 2026 inquiétant
Les chiffres du premier semestre renforcent les craintes. Entre le 1er janvier et le 30 mai 2026, la zone gendarmerie a déjà comptabilisé 129 cas, « soit 61,4 % du total de l’année dernière réalisé en cinq mois ».
Cette cadence laisse présager une nouvelle année record si la tendance se maintient.
Que dit la loi sur cette infraction ?
« Le refus d’obtempérer, c’est le fait de ne se soustraire, de ne pas, obtempérer à un contrôle de police et de ne pas s’arrêter lorsque des effectifs de police ou de gendarmerie le demandent », précise la définition officielle.
Cette infraction pénale est punie de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. « Quand les gens ne s’arrêtent pas, c’est une infraction pénale ».
Des sanctions complémentaires possibles
Au-delà de l’emprisonnement et de l’amende, des peines complémentaires peuvent être appliquées. La confiscation du véhicule figure parmi les mesures les plus dissuasives.
« Le refus de se soumettre à un contrôle de police peut vous conduire au tribunal », rappelle Midi Libre.
Des motifs de plus en plus dérisoires
Les autorités constatent que les refus sont désormais motivés par des « considérations assez futiles ». Les défauts d’assurance et de permis de conduire constituent les raisons les plus fréquemment invoquées.
D’autres infractions peuvent également expliquer ces comportements : conduite sous l’empire de l’état alcoolique, transport ou détention de produits stupéfiants, consommation avant de prendre le volant.
Un danger disproportionné face aux enjeux
Pourtant, ces motifs « ne justifient absolument pas de se mettre en danger, de mettre en danger la police et de mettre en danger aussi les usagers », soulignent les forces de l’ordre.
« Outre le fait qu’il s’agit d’une infraction pénale, il y a derrière une mise en danger des autres usagers de la route ». Ces comportements peuvent susciter des poursuites à haute vitesse et provoquer des accidents graves.
Un record historique pas encore atteint
Malgré cette hausse inquiétante, 2025 n’établit pas de nouveau record absolu. L’année 2021 reste celle où le département a enregistré le plus de cas, avec 279 refus d’obtempérer en zone police.
Cette référence historique témoigne néanmoins d’un phénomène persistant qui mobilise durablement les forces de l’ordre sur le territoire gardois.

