Quimper : un faux infirmier obsédé par les veines jugé pour agressions sexuelles sur 50 victimes
Le procès d’un homme accusé d’avoir trompé des dizaines de femmes en se faisant passer pour un professionnel de santé s’est ouvert au tribunal correctionnel de Quimper. Derrière cette affaire se cache un stratagème élaboré où des prétextes médicaux cachaient en réalité des gestes à caractère sexuel.
Un procès d’envergure face à de nombreuses victimes
Nicolas Gonidec comparaît devant la justice pour des faits particulièrement troublants. Il est poursuivi pour agressions sexuelles, exercice illégal de la profession d’infirmier et obtention illicite de prélèvements de produits du corps humain. Une cinquantaine de femmes sont appelées à témoigner jusqu’à jeudi.
Face aux accusations, l’homme a reconnu « globalement » les agressions sexuelles qui lui sont reprochées. Les conséquences judiciaires pourraient être lourdes puisqu’il risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
Une manipulation sous couvert d’études médicales
Le prévenu avait mis en place un système bien rodé pour piéger ses victimes. Il leur proposait de participer à de prétendues études médicales nécessitant des prélèvements sanguins.
Ce n’était que le début d’un engrenage où les femmes se voyaient également suggérer des rappels de vaccins ou des tests Covid. Plus troublant encore, Nicolas Gonidec leur proposait des séances de relaxation incluant des massages mammaires à l’huile d’amande douce, dépassant clairement le cadre médical.
Le témoignage glaçant des victimes
Parmi les nombreuses femmes abusées, Karen a livré un témoignage bouleversant sur l’emprise exercée par le faux infirmier. « J’ai voulu l’arrêter mais mon corps était tétanisé », a-t-elle confié à la barre.
Face à cette situation, le procureur Jean-Luc Lennon n’a pas mâché ses mots en interrogeant le prévenu : « Comment passe-t-on d’une prise de sang au fait qu’on retrouve votre main dans sa culotte? »
Des explications floues et un passé judiciaire chargé
Confronté à cette question directe, Nicolas Gonidec a fourni une réponse évasive : « C’est un engrenage… un processus psychologique. Je suis encore en pleine thérapie là-dessus. Je cherche moi aussi la réponse ».
Ce qui interpelle particulièrement dans cette affaire, c’est que l’accusé n’en est pas à son premier procès. Il a déjà été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis pour des faits similaires lors d’un procès qui s’est tenu à Saint-Brieuc à l’automne 2021.
Une ampleur insoupçonnée
Suite à cette première condamnation, l’affaire a pris une dimension encore plus importante. Une soixantaine de plaintes supplémentaires ont été déposées, révélant l’étendue des agissements de Nicolas Gonidec sur une période prolongée.
Ces nouvelles accusations font l’objet du procès actuel, montrant que le premier jugement n’avait révélé que la partie émergée d’un système d’abus bien plus vaste.

