« Qu’est-ce qui bloque ? » : promise à une greffe en 6 mois, elle a dû attendre 3 ans
L’attente d’une transplantation peut se transformer en un véritable calvaire administratif et médical. Quand les organes existent mais ne parviennent pas aux patients qui en ont désespérément besoin, le système de don révèle ses failles les plus criantes. Une jeune femme de l’Arizona en a fait l’amère expérience.
Un accident qui bouleverse une vie entière
En mai 2022, Katherine Screws, originaire de Phoenix, est victime d’un grave accident de voiture. Les conséquences sont dramatiques : elle doit subir l’ablation de son intestin grêle, ce qui nécessite une greffe pour retrouver une vie normale.
Mariée tout juste un mois avant le drame, cette ingénieure voit son existence basculer brutalement. Elle ne peut plus s’alimenter comme avant, et doit recourir à une perfusion intraveineuse nocturne qui provoque d’intenses nausées.
Sa carrière professionnelle est mise entre parenthèses. Son projet de fonder une famille avec son époux semble s’éloigner dangereusement. Même sa passion pour la cuisine, activité qu’elle chérissait particulièrement, devient inaccessible.
Une promesse de six mois qui s’étire sur trois années
Initialement, UCLA Health lui annonce un délai d’attente de six mois pour recevoir sa transplantation. Katherine Screws et ses proches s’arment de patience, convaincus que la situation se résoudra rapidement.
La réalité s’avère tout autre. Les mois défilent sans nouvelle, sans organe compatible, sans perspective concrète. L’attente se prolonge de manière incompréhensible.
Une décision stratégique pour accélérer le processus
Face à cette impasse, la jeune femme prend contact avec un organisme de prélèvement d’organes. Cette démarche lui ouvre les yeux sur les dysfonctionnements du système.
Elle décide alors de changer d’établissement hospitalier, dans l’espoir de maximiser ses chances d’obtenir enfin l’organe salvateur. Un choix qui s’avérera déterminant.
Des lettres émouvantes pour alerter sur son cas
À partir de fin 2024, Katherine Screws et sa famille multiplient les courriers adressés aux organismes de prélèvement. Ces lettres chargées d’émotion visent à attirer l’attention sur sa situation désespérée.
Cette mobilisation finit par porter ses fruits. En juin 2025, elle reçoit enfin sa greffe intestinale dans un hôpital de Washington. L’organe provient d’un donneur localisé à Chicago.
Un système défaillant qui gaspille des vies
L’expérience de Katherine Screws met en lumière une réalité alarmante : environ un organe donné sur cinq n’est pas utilisé à temps aux États-Unis.
Lisa Stocks, représentante de OneLegacy, témoigne de cette frustration quotidienne : « Nous proposons ces greffons, mais ils sont si souvent refusés que c’en est décourageant ». Les hôpitaux rejettent fréquemment les organes disponibles pour des raisons qui restent souvent opaques.
Une transparence réclamée par les patients
Katherine Screws exprime aujourd’hui un regret majeur : ne pas avoir posé plus tôt la question essentielle. « Qu’est-ce qui bloque exactement ? », aurait-elle dû demander dès le début.
Elle plaide désormais pour davantage de transparence sur la disponibilité des organes. Les patients méritent de comprendre pourquoi leur attente se prolonge alors que des greffons existent.
Des greffes intestinales particulièrement rares
Les statistiques illustrent la rareté de ces interventions : seulement 88 personnes ont bénéficié d’une greffe intestinale aux États-Unis l’année dernière.
Cette rareté rend chaque refus d’organe encore plus problématique. Pour les patients comme Katherine, chaque occasion manquée représente des mois supplémentaires de souffrance et d’incertitude.

