Piraterie stoppée : la gendarmerie nationale met fin à YggTorrent
Le monde du téléchargement illégal vient de subir un coup d’arrêt majeur. Une vaste opération de police menée par la gendarmerie nationale a permis de démanteler l’une des plus importantes plateformes francophones de piratage. Cette intervention marque un tournant dans la lutte contre les violations massives des droits d’auteur sur Internet.
Une opération d’envergure contre le piratage numérique
La gendarmerie nationale a annoncé mardi 2 juillet l’interpellation de douze individus dans le cadre d’une enquête visant YggTorrent. Ces personnes occupaient des fonctions clés au sein de la plateforme, assumant des rôles d’administrateurs, de modérateurs, de contrôleurs qualité et d’analystes.
Les forces de l’ordre ont procédé à des saisies significatives lors de cette opération. Les enquêteurs ont notamment mis la main sur des cryptoactifs servant à la rémunération des acteurs du site, ainsi que sur du matériel informatique évalué à 45 000 euros.
Un préjudice colossal pour l’industrie culturelle
L’enquête a été déclenchée suite à une plainte déposée par la Sacem, l’ALPA et le Syndicat de l’édition vidéo numérique. Ces organisations professionnelles représentant les ayants droit ont dénoncé un préjudice estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros.
Les charges retenues contre les suspects sont particulièrement lourdes. Ils devront répondre de contrefaçon en bande organisée, de blanchiment aggravé et d’administration d’une plate-forme en ligne facilitant des transactions illicites.
YggTorrent : sept années de piratage massif
Créé en 2017, YggTorrent s’était imposé comme un annuaire de référence pour le téléchargement illégal de films et de séries via le protocole torrent. La plateforme avait réussi à fédérer une communauté de 6,6 millions d’utilisateurs.
L’Arcom, autorité de régulation de la communication audiovisuelle, avait inscrit le site sur la liste des services portant atteinte grave et répétée aux droits d’auteur dès 2023, confirmant la dangerosité de cette plateforme pour l’industrie culturelle.
Un modèle économique controversé
En décembre 2025, les administrateurs avaient franchi un cap en introduisant un abonnement payant baptisé « Turbo », facturé 14,99 euros par mois. Cette monétisation d’un service illégal avait suscité de vives critiques.
La fin précipitée par une cyberattaque
Paradoxalement, ce n’est pas l’action des autorités qui a initialement fermé YggTorrent. En mars dernier, un hacker connu sous le pseudonyme de Gr0lum a mené une cyberattaque contre la plateforme.
Le pirate informatique justifiait son action par son opposition à la fonctionnalité payante, qu’il qualifiait de racket. Cette attaque a entraîné la fermeture définitive du site, avant même l’intervention des forces de l’ordre.
Cette opération témoigne de la détermination des autorités à lutter contre le piratage numérique, malgré la complexité technique et juridique de ces affaires impliquant des millions d’utilisateurs et des préjudices financiers considérables.

