Piégé par un streamer, un ex-cadre de l’Éducation nationale incarcéré
La technologie de l’intelligence artificielle au service de la lutte contre les prédateurs sexuels en ligne. Un sexagénaire franc-comtois, autrefois responsable du sport scolaire, vient d’être mis en examen et incarcéré après avoir été pris au piège par un streamer utilisant des outils numériques inédits. Cette affaire soulève des questions sur les nouvelles méthodes de détection des dérives pédocriminelles sur Internet.
L’engrenage d’un ancien cadre de l’Éducation nationale
Dominique B., ancien professeur d’EPS et ex-directeur du sport scolaire (UNSS) de Haute-Saône, fait face à la justice pour des faits d’une gravité exceptionnelle. L’homme, âgé d’une soixantaine d’années, comparaît pour plusieurs infractions liées à des sollicitations sexuelles envers des mineurs.
Les chefs d’accusation retenus contre lui sont particulièrement lourds : « Propositions sexuelles faites à un mineur de quinze ans par un majeur utilisant un moyen de communication électronique », « Fabrication et diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur », et « Sollicitation d’un mineur par un majeur pour la diffusion ou la transmission de son image à caractère pornographique ».
Un passé déjà entaché de soupçons
Ce n’est pas la première fois que cet ancien cadre éducatif se trouve dans le viseur de la justice. Suspendu de ses fonctions dès 2020 suite à des soupçons de détournement de mineurs, il avait déjà été condamné en juillet 2025 à une peine de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques.
Une opération menée par un streamer engagé
L’arrestation spectaculaire du sexagénaire résulte d’une opération orchestrée par Finnyzyy, un créateur de contenu suivi par environ 40 000 personnes sur Twitch et TikTok. Le streamer a utilisé un faux profil d’adolescente généré par intelligence artificielle pour piéger le suspect.
Les avances explicites du mis en cause envers ce personnage virtuel ont été diffusées en direct sur TikTok, provoquant une onde de choc parmi les internautes. Cette méthode controversée a néanmoins permis d’exposer publiquement les agissements de l’homme.
Le soutien d’une association spécialisée
L’association « 211 Organisation », active dans la lutte contre la pédocriminalité numérique, a publiquement salué cette mise en examen. Ces structures militantes collaborent régulièrement avec les forces de l’ordre pour identifier et neutraliser les prédateurs sexuels opérant sur Internet.
Intervention policière et placement en détention
Face à la déferlante de harcèlement qu’il a subie sur les réseaux sociaux après la diffusion du live, Dominique B. a pris la décision de se rendre spontanément aux autorités. Il a ensuite été placé en garde à vue.
Une perquisition a été menée à son domicile, permettant la saisie de plusieurs supports numériques destinés à l’expertise. Les enquêteurs cherchent à déterminer l’ampleur exacte de ses activités criminelles en ligne.
Placement sous écrou
À l’issue de sa garde à vue, le sexagénaire a été formellement mis en examen. Le magistrat instructeur a ordonné son placement en détention provisoire, estimant que la gravité des faits et le risque de réitération justifiaient cette mesure coercitive.
Des méthodes de détection qui interrogent
Cette affaire met en lumière l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans la traque des délinquants sexuels. Si l’efficacité de ces techniques ne fait aucun doute, elles soulèvent également des débats éthiques et juridiques sur la légitimité des actions citoyennes.
Les autorités rappellent régulièrement que seules les forces de l’ordre sont habilitées à mener des opérations d’infiltration, même si certains collectifs continuent d’agir de manière autonome sur les plateformes numériques.

