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Piégé par Team Moore, un pédocriminel condamné à cinq ans à Périgueux

La lutte contre les prédateurs sexuels en ligne franchit une nouvelle étape grâce au travail d’associations spécialisées. Un homme de 46 ans vient de payer au prix fort ses agissements virtuels envers de supposés mineurs. Cette affaire illustre l’efficacité redoutable des pièges numériques tendus par des bénévoles déterminés.

Une condamnation exemplaire prononcée à Périgueux

Le parquet de Périgueux a rendu son verdict le 14 septembre dernier. La sanction est lourde : cinq années d’emprisonnement, dont deux assorties de sursis. Cette peine s’accompagne d’une interdiction définitive d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole au contact de mineurs.

Au moment des faits, l’individu purgeait déjà une peine à la prison de Neuvic, en Dordogne. Libéré depuis, il a choisi de ne pas comparaître lors de son procès, entraînant l’émission d’un mandat d’arrêt à son encontre.

Des messages explicites envoyés en août 2024

L’histoire remonte à l’été dernier. En août 2024, le quadragénaire entre en contact avec ce qu’il croit être de jeunes adolescentes sur les réseaux sociaux. Il ne se doute pas qu’il s’agit en réalité de profils factices créés par l’association Team Moore.

Les échanges dégénèrent rapidement. L’homme transmet des photographies de ses parties intimes et multiplie les questions déplacées concernant les pratiques sexuelles. Ses intentions apparaissent sans équivoque : « Est-ce que tu aimerais être à moi, être ma copine ? »

Un piège numérique parfaitement orchestré

Derrière ces faux profils se cache une stratégie rodée. Les bénévoles de Team Moore suivent un protocole strict pour éviter toute provocation. « On ne relance jamais, on les laisse parler et on refuse toujours leurs avances en précisant l’âge de l’enfant virtuel », détaille Neila Moore, cofondatrice de l’organisation.

Team Moore, traqueur infatigable de pédocriminels

Créée en 2019 par le couple Neila et Steven Moore, cette association s’est spécialisée dans la traque des prédateurs sexuels en ligne. Leur méthode : créer de fausses identités de jeunes filles sur différentes plateformes pour attirer les délinquants sexuels.

Le bilan de leurs actions est impressionnant. Depuis leur création, ils ont procédé à des centaines de signalements auprès des autorités judiciaires, permettant l’ouverture de nombreuses procédures pénales.

Un condamné en fuite localisé en Charente-Maritime

Malgré sa libération récente, l’homme n’a pas honoré sa convocation devant le tribunal. Son absence à l’audience a contraint la justice à émettre un mandat d’arrêt pour assurer l’exécution de sa peine.

Les forces de l’ordre disposent toutefois d’une piste sérieuse. La dernière localisation connue du fugitif remonte au 12 août, dans la commune de Nieul, située en Charente-Maritime.

Des explications rejetées par les experts

Face aux accusations, le quadragénaire a tenté de justifier ses actes. Il évoque une volonté de « passer le temps » et affirme entendre des voix. Toutefois, les expertises psychiatriques réalisées dans le cadre de l’instruction n’ont confirmé aucun de ces troubles psychiques allégués.

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