Perpignan : 30 ans pour une guerre sanglante autour de la drogue
Le trafic de stupéfiants continue de faire des ravages dans l’Hexagone. La justice vient de frapper fort en condamnant un homme déjà lourdement sanctionné pour d’autres crimes violents. Cette nouvelle sentence illustre l’engrenage implacable dans lequel s’enfoncent les acteurs du banditisme organisé.
Une deuxième condamnation maximale en moins d’un an
Christopher Aouni a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises pour une tentative d’assassinat perpétrée en bande organisée. Les faits se sont déroulés en mai 2020 à Perpignan, dans un contexte de guerre pour le contrôle d’un point de vente de drogue stratégique.
Il s’agit de la seconde peine maximale prononcée contre lui en l’espace de dix mois. Malgré cette sanction exemplaire, l’accusé continue de clamer son innocence et avait sollicité un acquittement.
Une guerre sanglante pour le contrôle d’un point de deal lucratif
L’affaire trouve son origine dans une lutte acharnée pour la mainmise sur le « four de Bétriu », un lieu de vente de stupéfiants générant des revenus considérables. Ce point de deal affichait un chiffre d’affaires quotidien oscillant entre 30 000 et 50 000 euros.
La violence extrême de cette tentative d’homicide témoigne des enjeux financiers colossaux liés au trafic de drogue dans certains quartiers.
Plusieurs complices lourdement sanctionnés
Christopher Aouni n’a pas agi seul. Aldo Buonocore et Hakim Djidel ont également écopé de 30 ans de réclusion. Ce dernier est considéré comme le commanditaire des coups de feu, mais n’a jamais été entendu par la justice. Un mandat d’arrêt a été confirmé à son encontre.
Quatre autres prévenus ont été condamnés pour complicité, avec des peines s’échelonnant de 8 à 28 ans d’emprisonnement. Un seul accusé a été acquitté pour association de malfaiteurs.
Un parcours criminel déjà chargé
Le casier judiciaire de Christopher Aouni révèle un passé violent. Il avait déjà été condamné à 30 ans de réclusion pour un double assassinat commis en février 2016 à Marseille. Cette première condamnation fait actuellement l’objet d’un appel.
En février 2024, il avait toutefois bénéficié d’un acquittement pour un meurtre survenu en mars 2018 dans une cité marseillaise.
D’autres procès en perspective
L’agenda judiciaire de Christopher Aouni reste particulièrement chargé. Il doit prochainement comparaître devant la cour d’assises spéciale de Paris pour répondre d’un assassinat perpétré en mars 2020.
Il sera également jugé pour l’exécution d’un membre de l’équipe « de Marignane » en septembre 2018, un crime qu’il conteste fermement. Ces multiples procédures illustrent l’ampleur de son implication présumée dans le milieu du grand banditisme.

