Mort de Lyhanna : le système judiciaire français accusé de graves défaillances
La mort tragique d’une fillette de 11 ans révèle aujourd’hui l’ampleur des dysfonctionnements du système judiciaire français. Jérôme Barella, principal suspect dans l’enlèvement et le décès de Lyhanna, fait désormais face à de multiples accusations de viols sur mineures. Des plaintes et signalements s’accumulent, soulevant la question : comment un tel parcours criminel a-t-il pu passer inaperçu ?
Une quatrième plainte déposée début juin
Le 4 juin dernier, une nouvelle plainte pour viol a été enregistrée contre Jérôme B. Cette fois, c’est la mère d’une fillette de 11 ans, résidant à Saint-Brieuc, qui a franchi le pas. Les faits remontent à plusieurs années, lorsque sa fille n’avait que 7 ans.
L’enfant aurait reconnu le suspect après avoir vu son portrait, probablement diffusé dans les médias suite à l’affaire Lyhanna. Cette identification spontanée a permis de faire le lien avec des agressions passées restées jusqu’alors dans l’ombre.
Un parcours judiciaire accablant
Des plaintes classées sans suite
Jérôme Barella accumule désormais quatre plaintes pour viol à son encontre. La première remonte à 2022, déposée pour des faits datant de 2020 concernant une mineure de 7 ans. Cette plainte avait été classée sans suite, mais pourrait aujourd’hui être réexaminée à la lumière des nouveaux éléments.
Une deuxième plainte a été déposée en août dernier, évoquant des faits commis entre 2024 et 2025. Une troisième pourrait également avoir été enregistrée en juin 2026 par le père d’une enfant de 11 ans, pour des faits survenus à Montestruc-sur-Gers.
Des signalements ignorés dès 2017
Le premier signalement remonte à 2017, concernant une relation avec une adolescente de 17 ans. Ce dossier avait été classé sans suite par les autorités judiciaires de l’époque.
En 2020, Jérôme B. travaillait comme agent d’entretien dans un établissement scolaire. Il a été licencié cette année-là pour « relation inappropriée » avec une lycéenne. Pourtant, aucune procédure judiciaire n’a été engagée dans le cadre de ce licenciement.
Des excuses ministérielles et une convocation des procureurs
Face à l’ampleur du scandale, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a présenté ses excuses à la famille de Lyhanna ainsi qu’au public. Il a pointé du doigt les failles majeures du système judiciaire qui n’ont pas permis de protéger les enfants victimes.
Le ministre a notamment critiqué la procureure d’Auch, accusée de ne pas avoir appliqué une circulaire ministérielle donnant la priorité aux dossiers impliquant des enfants victimes. Cette négligence aurait pu empêcher l’escalade tragique des événements.
Une réponse institutionnelle attendue
Le gouvernement a convoqué l’ensemble des procureurs généraux pour organiser une réunion d’urgence. L’objectif : identifier précisément les dysfonctionnements et mettre en place des mesures correctives immédiates.
De leur côté, les syndicats de la magistrature ont réagi avec amertume. Tout en regrettant les critiques publiques, ils ont souligné le manque chronique de moyens humains et financiers qui les empêche d’appliquer correctement les directives ministérielles.
Un drame qui interroge le système de protection de l’enfance
L’accumulation de plaintes, de signalements et d’incidents professionnels dans le parcours de Jérôme Barella pose une question fondamentale : comment un individu présentant autant de signaux d’alerte a-t-il pu continuer à évoluer librement ?
Le chef d’établissement du lycée où travaillait le suspect avait pourtant informé de son licenciement en 2020. Mais en l’absence de suite judiciaire, cette information est restée confinée au cercle professionnel, sans transmission aux autorités compétentes.
Cette affaire révèle les failles d’un système où les informations circulent mal entre institutions, où les circulaires restent lettre morte faute de moyens, et où les victimes mineures ne bénéficient pas toujours de la protection promise par la loi.

