Montbéliard : Audience pour trafic de drogue tourne à l’intimidation et chaos
Les faits se sont déroulés jeudi au palais de justice de Montbéliard. Une audience pour trafic de stupéfiants a dégénéré avec l’irruption d’un groupe de jeunes gens venus manifester leur soutien au prévenu. Entre tensions dans la salle, insultes aux forces de l’ordre et graffitis insultants, l’institution judiciaire a été confrontée à une tentative d’intimidation sans précédent.
Une audience sous tension pour trafic de drogue
Le jeune homme de 19 ans comparaissait en comparution immédiate devant le tribunal du Doubs. Il était poursuivi pour avoir été interpellé en flagrant délit de vente de stupéfiants dans l’agglomération de Montbéliard. Le prévenu contestait fermement les accusations portées à son encontre.
Ce dossier n’était pourtant pas le premier pour lui. En août dernier, il avait déjà été condamné pour des faits similaires à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Face aux magistrats, il a sollicité un report d’audience afin de mieux préparer sa défense.
Sa demande a été acceptée, et une nouvelle date a été fixée en novembre. Dans l’attente de ce renvoi, le jeune homme a été placé en détention provisoire.
L’arrivée d’un groupe de soutien qui dégénère
Entre 25 et 30 jeunes hommes avaient fait le déplacement jusqu’au palais de justice. Paul-Édouard Lallois, procureur par intérim, a qualifié ce rassemblement de « petit comité de supporters ». Leur présence dans la salle d’audience a rapidement posé problème.
Au départ installés sans incident, les membres du groupe ont progressivement changé d’attitude. Ils ont commencé « à s’échauffer », devenant « bruyants », et « un peu oppressants, avec leurs casquettes sur la tête, défiant du regard notamment ma collègue qui était à l’audience », a détaillé Paul-Edouard Lallois.
Face à ce climat de tension croissante, la présidente du tribunal a décidé d’intervenir. Elle a ordonné l’évacuation immédiate du groupe par les forces de l’ordre présentes.
Insultes et interpellation à la sortie
Une fois à l’extérieur du palais de justice, les tensions ne sont pas retombées. Bien qu’aucun affrontement physique n’ait eu lieu, les policiers ont essuyé un déluge d’insultes de la part des jeunes évacués.
Les forces de l’ordre ont pu identifier l’un des individus particulièrement virulent. Cet homme a été interpellé puis placé en garde à vue pour outrage envers une personne dépositaire de l’autorité publique. Le reste du groupe a finalement été dispersé.
Des graffitis insultants découverts dans les toilettes
L’incident ne s’est pas arrêté là. Après le départ des jeunes, le personnel du tribunal a fait une découverte troublante dans les sanitaires du bâtiment.
Des tags injurieux visant « directement » le procureur avaient été inscrits sur les murs. Parmi ces inscriptions figuraient « NTM pour nique ta mère, et le proc FDP, pour fils de pute ».
Une seconde enquête a été lancée pour identifier les auteurs de ces dégradations. Les enquêteurs vont exploiter les images de vidéosurveillance « pour essayer de déterminer qui concrètement s’est rendu dans les toilettes dans le créneau de temps où le tag a pu être fait ».
Le parquet refuse toute intimidation
Paul-Édouard Lallois a tenu à réagir fermement face à ces multiples incidents. Le magistrat a affirmé sa détermination à poursuivre le combat contre le narcotrafic malgré les pressions.
« L’action qu’on mène en matière de lutte contre le narcotrafic ne fait pas que des heureux manifestement, on va continuer dans ce sens-là sans aucunement se laisser intimider, dans la plus grande sérénité », a-t-il déclaré.
Deux procédures judiciaires distinctes ont été ouvertes. L’une concerne les outrages envers le procureur, l’autre vise les insultes proférées à l’encontre des policiers. Ces affaires s’ajoutent au dossier initial de trafic de stupéfiants.

