Légionnaire franco-colombien enlevé par des rebelles : la sécurité en question
Le département de Nariño, dans le sud-ouest de la Colombie, a été le théâtre d’un enlèvement aux ramifications internationales. Un soldat de la Légion étrangère française, en visite dans son pays natal, est tombé aux mains de rebelles armés. L’affaire soulève des questions sur la sécurité des militaires en permission et ravive les tensions liées aux groupes dissidents qui refusent toujours le processus de paix.
Un caporal de la Légion en visite familiale
José Olger Melo Charry, caporal franco-colombien engagé depuis quatre ans dans la Légion étrangère, a été enlevé le 6 août dernier. Le militaire circulait sur une route du département de Nariño lorsque les ravisseurs l’ont intercepté.
Les rebelles auraient découvert son appartenance à la Légion française avant de procéder à l’enlèvement. Le colonel Mauricio Osorio a confirmé jeudi à la radio Blu Radio que le soldat se trouvait « en permission » sur le territoire colombien.
Les dissidents des Farc pointés du doigt
Les autorités accusent des dissidents de l’ancienne guérilla des Farc d’être responsables de cet enlèvement. Ces groupes ont refusé de signer l’accord de paix conclu en 2016 avec le gouvernement colombien.
La faction impliquée serait dirigée par Ivan Mordisco, considéré comme le guérillero le plus recherché du pays. Ces groupes armés utilisent traditionnellement les enlèvements pour extorquer des fonds ou exercer une pression sur les autorités.
Trafic de drogue et exploitation minière
Au-delà des enlèvements, ces organisations criminelles tirent principalement leurs revenus du trafic de stupéfiants et de l’exploitation minière clandestine. Leurs activités déstabilisent plusieurs régions du pays malgré les efforts des forces de sécurité.
Un nouveau président à la ligne dure
L’enlèvement intervient dans un contexte politique renouvelé. Abelardo de la Espriella, représentant de la droite dure, a pris ses fonctions début août. Il affiche une politique intransigeante contre les guérillas et les narcotrafiquants.
Cette orientation marque une rupture nette avec son prédécesseur Gustavo Petro, issu de la gauche et ancien membre d’une guérilla aujourd’hui dissoute. Le mandat de Petro s’est soldé par des échecs répétés dans les négociations de paix.
Un renforcement des groupes armés
De nombreux experts soulignent que les organisations criminelles se sont consolidées durant la présidence précédente. Le nouveau chef d’État bénéficie du soutien des États-Unis dans sa stratégie de confrontation directe avec ces groupes.
L’affaire José Olger Melo Charry illustre la persistance des menaces sécuritaires en Colombie, malgré les accords de paix signés il y a près de dix ans.

