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Invasion de chauves-souris : une famille du Rhône face à l’impasse légale

Dans le département du Rhône, un couple et leurs deux adolescents endurent depuis plusieurs années une situation aussi insolite qu’insupportable. Leur domicile, transformé en refuge pour des centaines de chiroptères, génère des nuisances quotidiennes qui mettent leurs nerfs à rude épreuve. Malgré des investissements conséquents et plusieurs tentatives pour résoudre le problème, la situation reste bloquée par le cadre légal protégeant ces mammifères volants.

Une invasion progressive devenue insoutenable

Benjamin, sa conjointe et leurs enfants âgés de 11 et 14 ans habitent à Meyzieu, au nord de Lyon. Leur cauchemar a débuté il y a environ cinq ans, lorsque les premières chauves-souris se sont installées dans leur toiture.

Ce qui semblait être une présence anecdotale s’est transformé en véritable invasion. Le père de famille affirme avoir dénombré plus de 400 individus l’année précédente. Une prolifération qui a particulièrement explosé en 2024.

Des nuisances quotidiennes éprouvantes

Les membres de la famille subissent des désagréments multiples qui rendent leur quotidien insupportable. Les bruits constituent la première source de stress : « ça grattait, que ça tapait comme quelqu’un qui cogne à la porte », décrit le propriétaire.

Mais ce n’est pas tout. Des odeurs pestilentielles s’échappent des prises électriques, rendant l’atmosphère irrespirable. Ces émanations sont « saisissantes » dès qu’ils franchissent le seuil de leur habitation.

L’impact dépasse le simple inconfort matériel. La famille reconnaît avoir du mal à gérer la situation « psychologiquement », après des années d’occupation forcée.

20 000 euros de travaux sans résultat

Face à l’ampleur du problème, Benjamin et sa famille ont tenté de reprendre le contrôle. Ils ont investi près de 20 000 euros dans des travaux, bouchant les ouvertures et renouvelant l’isolation en laine de verre.

Ces efforts se sont révélés totalement vains. « Sans résultat », constate amèrement le père de famille. Avec l’arrivée de la canicule, les chiroptères sont revenus « en nombre », annulant tous les efforts entrepris.

Un premier diagnostic rassurant mais erroné

Au commencement de l’invasion, la famille avait sollicité l’intervention de « SOS chauve-souris ». L’organisme s’était montré rassurant, affirmant que la colonie ne comprenait « qu’une trentaine » d’individus et que la situation ne s’aggraverait pas.

Les faits ont malheureusement démenti ce pronostic optimiste, la population décuplant au fil des années.

Un cadre légal contraignant

La Ligue pour la protection des oiseaux rappelle le statut juridique de ces mammifères. Les 35 espèces de chauves-souris recensées sur le territoire français bénéficient d’une protection absolue, incluant leurs sites de reproduction et d’hibernation.

La législation ne laisse aucune marge de manœuvre : « Tout acte de destruction des individus ou de leur site de reproduction est passible de 3 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende », précise la LPO.

Un appel au secours resté sans réponse

Démuni face à cette impasse, Benjamin a tenté de joindre les services municipaux de Meyzieu, mais n’a obtenu aucune réponse de la part de sa mairie.

Le père de famille lance désormais un appel aux spécialistes et connaisseurs capables de capturer et relocaliser les animaux dans le respect de la réglementation. Une solution qui reste à ce jour hypothétique.

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