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Incendies criminels en Corse : deux hommes jugés pour attaque ciblée

L’ombre d’une série d’incendies criminels resurgit devant le tribunal d’Ajaccio. En décembre 2022, plusieurs établissements liés à des personnalités politiques insulaires avaient été la cible de flammes suspectes. Deux hommes comparaissent aujourd’hui pour répondre de ces attaques nocturnes qui avaient secoué la Corse.

Une série d’incendies criminels en pleine nuit

Dans la nuit du 4 au 5 décembre 2022, trois sites distincts ont été ravagés par les flammes. Les enquêteurs ont rapidement établi un lien entre ces sinistres survenus à quelques heures d’intervalle sur l’île de Beauté.

À Corte, deux établissements de restauration ont été la proie des flammes : le Bama et le 24. Simultanément, à Ajaccio, un garage appartenant à Jean-André Miniconi, ancien président de la chambre de commerce et d’industrie de Corse-du-Sud, partait en fumée.

Un véhicule volé aperçu sur les lieux

Les forces de l’ordre ont identifié un véhicule blanc dérobé, aperçu fuyant les différentes scènes d’incendie. Cet élément matériel constitue une pièce maîtresse dans le dossier d’accusation.

Deux prévenus aux profils contrastés

Kevin Ornec, 39 ans, présente un passé judiciaire chargé. Les investigations révèlent qu’il entretient des connexions avec une organisation criminelle corse.

Son coaccusé, Mourad Amar, âgé de 30 ans, conteste fermement toute implication dans ces actes criminels. Il nie en bloc les faits qui lui sont reprochés.

Des accusations lourdes et multiples

Les deux hommes font face à un arsenal de chefs d’accusation devant la juridiction ajaccienne. Le parquet les poursuit pour « destructions en bande organisée », « transport de produits incendiaires », « recel de bien provenant d’un vol » et « dégradation du bien d’autrui ».

Ces qualifications pénales reflètent la gravité des actes reprochés et la dimension organisée présumée de l’entreprise criminelle.

Une dimension politique indéniable

Ces incendies ne visaient pas des cibles aléatoires. Les établissements touchés présentent tous un lien avec Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse.

L’élu nationaliste avait d’ailleurs évoqué publiquement des menaces à son encontre, plaçant ces événements dans un contexte d’intimidation politique potentielle.

Un procès marqué par des tensions judiciaires

L’audience s’est tenue les 24 et 25 octobre 2023 devant le tribunal d’Ajaccio. La défense de Mourad Amar avait sollicité un renvoi ou une disjonction de son dossier, mais le tribunal a rejeté cette requête.

Fait notable : les procureurs marseillais observaient une grève pour manifester leur opposition au projet de réforme de la justice criminelle. Cette mobilisation a ajouté une dimension particulière à ce procès déjà sensible.

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