Il escroque 600 000 euros en feignant d’être aveugle pendant dix ans
Pendant près d’une décennie, un homme s’est fait passer pour non-voyant auprès des autorités helvétiques. Une mise en scène orchestrée avec la complicité de son épouse, qui lui a permis d’empocher des centaines de milliers d’euros. Mais la machination a fini par s’effondrer face à une surveillance révélatrice.
Une comédie bien rodée devant les services sociaux
Entre 2005 et 2014, ce retraité originaire de Lucerne a perçu une rente complète d’invalidité. Pour justifier ces versements, il multipliait les plaintes : crises de vertige et de panique, incontinence, graves problèmes visuels, et même pensées suicidaires.
À chaque rendez-vous avec l’Office des assurances sociales de Saint-Gall, le même scénario se répétait. L’homme se présentait muni d’une canne blanche, soutenu par son épouse. Cette dernière certifiait aux autorités que son mari pouvait à peine quitter son lit seul et se révélait totalement incapable de prendre le volant.
Au total, l’escroc a touché près de 571 000 francs suisses, soit l’équivalent de 618 229,69 euros de rentes et diverses prestations.
La supercherie dévoilée par une filature
En août 2013, un signalement parvient à la SVA. Quelqu’un suggère que l’homme simule ses problèmes de santé. Les autorités décident alors de mettre en place une surveillance discrète entre novembre 2013 et mars 2014.
Les observations révèlent une réalité bien différente du tableau dressé lors des rendez-vous officiels. L’homme se déplace sans aucune difficulté, jardine tranquillement, sort les poubelles et utilise son téléphone portable normalement.
Un conducteur aguerri
Les enquêteurs le repèrent à plusieurs reprises au volant d’une voiture. Il est également aperçu aux commandes d’un bateau, activités totalement incompatibles avec son prétendu handicap visuel.
Pourtant, convoqué à la SVA après cette période de surveillance, l’homme se présente de nouveau avec sa canne blanche, ajoutant même une ceinture lombaire à sa panoplie.
Un jugement sans appel pour le couple
Le 6 octobre dernier, le tribunal du district d’Uznach a rendu son verdict. Les deux ex-époux, désormais divorcés, ont été reconnus coupables d’escroquerie par métier.
En raison de la prescription, seuls les faits commis entre août 2012 et janvier 2017 ont été retenus par la juridiction.
Des peines lourdes mais avec sursis
Les deux condamnés ont écopé de peines de prison avec sursis. Ils ne les purgeront qu’en cas de récidive durant leur période de probation de trois ans.
Au-delà de l’aspect pénal, les sanctions financières s’accumulent. Chacun devra verser une créance compensatrice de 95 000 francs suisses à l’État, soit 102 857,83 euros.
Une interdiction patrimoniale
Le couple se voit également interdire de transmettre leur maison à leurs enfants. Une mesure destinée à garantir le recouvrement des sommes dues.
Les frais de procédure alourdissent encore la facture. L’homme devra s’acquitter de plus de 81 000 francs suisses (87 699,83 euros), tandis que son ex-épouse en paiera plus de 36 000 (38 977,70 euros).

