Il crée un faux amphithéâtre romain avec du béton et du plâtre : la supercherie d’un propriétaire italien
L’ingéniosité criminelle peut parfois rivaliser avec les plus grandes escroqueries de l’histoire. En Italie, un homme a réussi l’exploit de faire croire à l’existence d’un site antique totalement fictif, exploitant pendant des années la crédulité de visiteurs venus du monde entier.
Une arnaque monumentale découverte en Vénétie
À Arcugnano, petite commune de la région de Vénétie, Franco Malosso a orchestré une supercherie d’une audace rare. Ce propriétaire terrien a créé de toutes pièces un prétendu amphithéâtre antique qu’il prétendait vieux de deux millénaires.
Des gradins, des marches, des colonnes en ciment et des statues en plâtre composaient cette mise en scène élaborée. Tous ces éléments avaient été artificiellement vieillis pour donner l’illusion d’une authentique construction romaine.
Une légende fabriquée autour de Jules César
L’escroc ne s’est pas contenté de bâtir une simple réplique. Il a imaginé toute une mythologie autour de son faux monument, impliquant Jules César et Cléopâtre dans son récit fantaisiste.
Le site portait le nom trompeur d' »Anfiteatro Marittimo Berico », suggérant une proximité maritime inexistante. Cette dénomination constituait déjà une première incohérence géographique flagrante.
Des erreurs architecturales révélatrices
Les détails architecturaux présentaient de nombreuses anomalies pour un véritable amphithéâtre antique. Ces malfaçons auraient dû alerter les observateurs avertis, mais la mise en scène suffisait à tromper les visiteurs ordinaires.
Une exploitation touristique lucrative
Depuis 2016, Franco Malosso organisait des visites guidées de son attraction frauduleuse. Le système tarifaire révélait une discrimination particulièrement cynique entre les différents publics.
Les touristes étrangers payaient 12 euros l’entrée, tandis que les habitants locaux devaient débourser 40 euros. Les visites privées atteignaient le tarif exorbitant de 600 euros pour seulement 45 minutes.
Une présence sur les plateformes numériques
L’escroc avait poussé le vice jusqu’à référencer son site sur TripAdvisor et d’autres plateformes touristiques. Cette stratégie digitale conférait une apparence de légitimité supplémentaire à l’arnaque.
L’intervention des autorités italiennes
Les forces de l’ordre ont découvert la supercherie dès 2016. L’enquête a rapidement mis au jour l’ampleur de la manipulation orchestrée par Franco Malosso.
Darius Arya, archéologue reconnu, a qualifié le stratagème de « diabolique » et « terrible ». Les autorités ont toutefois souligné le caractère isolé de cette fraude.
Un parcours judiciaire long et définitif
En 2019, Franco Malosso a été reconnu coupable de faux en matière d’œuvres d’art et de dégradation de paysage protégé. Sa tentative d’appel en 2020 s’est soldée par un échec.
La Cour suprême italienne a définitivement rejeté son pourvoi en cassation. La sentence finale impose au faussaire 28 mois d’emprisonnement, accompagnés d’une amende de 3000 euros.
Les conséquences financières et matérielles
Outre la peine de prison et l’amende, Franco Malosso devra s’acquitter de 3500 euros de frais de justice. Le tribunal a également ordonné la démolition complète du faux site archéologique.
En attendant l’exécution de cette destruction, le site demeure placé sous séquestre judiciaire. Cette mesure empêche toute nouvelle exploitation frauduleuse du lieu.

