Fraude électorale à Clichy : deux adjoints au maire placés en garde à vue
Une affaire de fraude électorale secoue la ville de Clichy dans les Hauts-de-Seine. Cinq personnes ont été interpellées ce mercredi dans le cadre d’une enquête visant des procurations suspectes lors du dernier scrutin municipal. Parmi les personnes placées en garde à vue figurent deux proches collaborateurs du maire.
Deux cadres de la municipalité dans le viseur de la justice
Les enquêteurs ont procédé à l’arrestation de Patrice Pinard, l’adjoint responsable de la sécurité, ainsi que de Sébastien Renault, en charge de la transition numérique et de l’aménagement de l’espace public. Ces deux élus, tous deux adjoints au maire LR Rémi Muzeau, ont été placés en garde à vue mercredi.
Trois autres individus ont également été appréhendés dans cette affaire qui met en lumière d’éventuelles irrégularités lors du vote.
Une enquête déclenchée par des citoyens
L’affaire trouve son origine dans cinq plaintes déposées par des électeurs de la commune. Ces derniers ont signalé des anomalies concernant l’utilisation de procurations lors du second tour des dernières élections municipales.
Les investigations menées par les autorités judiciaires portent désormais sur environ 90 procurations douteuses. L’enquête a été ouverte pour plusieurs infractions graves : usurpation d’identité, vote avec usurpation d’identité, faux et usage de faux.
Le maire entendu mais pas arrêté
Rémi Muzeau, le maire de Clichy, a été entendu par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire. Toutefois, contrairement à ses deux adjoints, il n’a pas été placé en garde à vue.
Des perquisitions ont été menées à l’hôtel de ville deux semaines seulement après le scrutin. Les forces de l’ordre ont saisi de nombreux documents qui font actuellement l’objet d’une analyse approfondie.
Une élection serrée qui prend une nouvelle dimension
Cette affaire intervient alors que la réélection de Rémi Muzeau s’était jouée à une marge relativement étroite. Le candidat LR avait remporté le scrutin avec 51,8 % des suffrages exprimés.
Sa victoire face à la candidate socialiste Julie Martinez ne s’était jouée qu’à 731 voix d’écart. Un résultat qui, au vu des 90 procurations suspectes identifiées, pourrait potentiellement remettre en question la légitimité du scrutin.

