Fleurance : un ancien militaire s’enchaîne pour exiger la correction de son acte de divorce
Une histoire d’amour contrariée par un imbroglio administratif. Dans le Gers, un homme de 48 ans a choisi un moyen radical pour faire entendre sa voix et obtenir enfin le précieux sésame matrimonial. Un combat qui dure depuis des années et qui témoigne des dysfonctionnements parfois absurdes de la bureaucratie française.
Un geste spectaculaire pour dénoncer une impasse administrative
Marc Alexandre, ancien militaire de 48 ans, a décidé de frapper fort. Menotté volontairement à une barrière du Centre communal d’action sociale de Fleurance, il a entamé une grève de la faim pour attirer l’attention sur son calvaire administratif.
Bénéficiaire de l’allocation aux adultes handicapés, cet homme refuse de baisser les bras face à une situation qui le prive d’un droit fondamental : celui de se marier avec sa compagne, Marie-Ange.
« Je fais une grève de la faim pacifiquement », explique-t-il, déterminé à mener son combat jusqu’au bout.
Un divorce fantôme qui empêche toute union
Le cœur du problème réside dans une anomalie administrative persistante. Bien que divorcé officiellement depuis 2008, Marc Alexandre apparaît encore comme marié sur son acte d’état civil.
Pourtant, il dispose de tous les documents nécessaires : un jugement du tribunal d’Épinal attestant de son divorce, confirmé par la cour d’appel de Nancy. Mais ces preuves ne suffisent pas à débloquer la situation.
La mairie de Fleurance se trouve dans l’impossibilité de célébrer son mariage tant que cette erreur administrative n’est pas corrigée. Un blocage bureaucratique qui dure depuis plus de quinze ans.
La position de la municipalité
Grégory Bobato, maire de Fleurance, confirme être dans l’attente de la régularisation de l’acte d’état civil. Le premier magistrat de la commune souligne qu’il doit respecter les textes légaux avant de pouvoir enregistrer le mariage.
Un mariage pour protéger celle qu’il aime
Au-delà de l’aspect romantique, cette union revêt une dimension vitale pour le couple. Marie-Ange, aide médico-psychologique de 56 ans, pourrait bénéficier d’une pension de réversion militaire en cas de décès de son compagnon.
« Il m’a demandé en mariage pour me protéger. J’ai accepté », confie la principale intéressée, touchée par cette démarche profondément altruiste.
Marc Alexandre ne cache pas ses motivations : « Je me battrai corps et âme pour qu’on soit mariés ». Sa détermination est totale.
Une lutte acharnée pour un droit fondamental
L’ancien militaire affirme sa volonté inébranlable de mener ce combat jusqu’à la victoire. « Je veux épouser ma femme, elle m’a dit oui, j’irai jusqu’au bout », martèle-t-il avec conviction.
Cette action spectaculaire devant le CCAS de Fleurance illustre le désarroi d’un citoyen face aux méandres administratifs. Un cas qui pose également la question des délais de traitement des dossiers d’état civil et de leurs conséquences sur la vie des personnes.
L’issue de cette grève de la faim reste incertaine. Mais une chose est sûre : Marc Alexandre a choisi de ne plus attendre dans l’ombre qu’une administration daigne corriger une erreur vieille de seize ans.

