Festival d’Aurillac : tensions et violences en marge de l’événement culturel
Le Festival international de théâtre de rue d’Aurillac, événement culturel majeur qui attire chaque année près de 200 000 visiteurs, s’est trouvé confronté à des débordements violents. En marge de cette manifestation artistique renommée, des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre dans les rues de la préfecture cantalienne.
Un rassemblement illégal qui tourne à l’affrontement
Le samedi 22 août, dernier jour du festival qui se déroulait du 19 au 22 août, plus de 700 personnes se sont réunies spontanément. Ce rassemblement, qualifié de non déclaré et non autorisé par les autorités, visait à dénoncer les violences policières.
Vers 16 heures, les participants se sont d’abord regroupés place de l’Hôtel de Ville avant de se diriger vers la préfecture du Cantal, située au 2 cours Monthyon. Des slogans antifascistes et anti-police ont résonné dans les rues d’Aurillac.
L’arrivée des blacks blocks précipite les violences
Selon la préfecture, une centaine d’éléments perturbateurs s’était infiltrée dans le cortège. Les forces de l’ordre ont constaté la présence d’environ cent « blacks blocks » dont l’arrivée a marqué le basculement de la mobilisation.
Les manifestants les plus radicaux se sont livrés à de multiples dégradations : palissades métalliques arrachées, poubelles incendiées, tags tracés sur les murs. La porte de la préfecture a même été enfoncée par les émeutiers.
Grenades lacrymogènes et projectiles
Face à l’escalade de la violence, les forces de l’ordre ont dû intervenir à plusieurs reprises. « Quelques incidents ont conduit les forces de l’ordre à intervenir », a indiqué sobrement l’organisation du festival.
Les agents ont utilisé des grenades lacrymogènes pour disperser une première fois la foule. Mais après quelques minutes seulement, les affrontements ont repris de plus belle entre manifestants et CRS.
Des projectiles, dont au moins une bouteille en verre, ont été lancés contre les fonctionnaires de police. Ces derniers ont de nouveau fait usage de gaz lacrymogène pour rétablir l’ordre.
Un bilan relativement contenu grâce au dispositif de sécurité
Le calme est finalement revenu aux alentours de 17h45, après la dispersion complète de la foule. Le bilan humain fait état d’un manifestant et un policier légèrement blessés.
Un individu a été interpellé et placé en garde à vue pour avoir lancé une bouteille en verre sur un CRS. La préfecture du Cantal a souligné que le dispositif policier avait « permis de contenir les débordements et de limiter très fortement les conséquences de ces violences ».
Le festival se poursuit malgré les tensions
Malgré ces incidents violents, l’organisation du festival a confirmé que la programmation des spectacles n’avait subi aucune perturbation. Les représentations artistiques se sont déroulées comme prévu.
Cette édition 2025 avait pourtant déjà connu des violences dès son premier jour. Huit policiers avaient été blessés par des émeutiers cagoulés, justifiant le renforcement du dispositif de sécurité durant toute la durée de l’événement.

