Le secret de la pierreSociété / Faits Divers 

Faux site archéologique : l’escroc écroué pour une arnaque à 600 euros la visite

Imaginer découvrir un trésor archéologique antique, payer pour le visiter, et réaliser des années plus tard qu’il s’agissait d’une supercherie monumentale. C’est l’étrange mésaventure vécue par des centaines de touristes dans le nord de l’Italie. Une arnaque qui vient de se conclure devant la justice avec une condamnation sans appel.

Une escroquerie touristique d’envergure

Durant 24 mois, Franco Malosso a orchestré une fraude archéologique remarquablement élaborée à Arcugnano, localité située en Vénétie. Les visiteurs, attirés par la promesse de contempler un site antique exceptionnel, déboursaient entre 12 et 40 euros selon leur origine.

Les tarifs appliqués révélaient une stratégie commerciale particulièrement cynique. Tandis que les touristes étrangers s’acquittaient de 12 euros, les résidents locaux devaient payer jusqu’à 40 euros. Les visites privées atteignaient même la somme faramineuse de 600 euros pour seulement 45 minutes.

Un site artificiellement vieilli

L’escroc avait soigneusement fabriqué l’illusion d’authenticité. La structure avait été artificiellement vieillie pour simuler les ravages du temps sur la pierre. Des récits inventés de toutes pièces, mettant en scène des figures historiques célèbres, étaient racontés aux visiteurs crédules.

Des incohérences qui alertent

Malgré des avis élogieux publiés sur TripAdvisor, plusieurs détails anachroniques auraient dû éveiller les soupçons. La configuration en éventail du prétendu monument contredisait la forme caractéristique ovale des amphithéâtres romains.

Le nom même du site évoquait la proximité maritime, alors que les côtes se trouvent à plus de 80 kilomètres. Par ailleurs, cette région n’a jamais connu de colonisation grecque, contrairement aux affirmations du propriétaire.

L’intervention de la justice

Les autorités locales et les carabiniers ont finalement inspecté le site, confirmant la nature frauduleuse de l’installation. Les charges retenues contre Franco Malosso incluaient la contrefaçon d’œuvres d’art, l’exécution de travaux sans autorisation et la dégradation d’un paysage protégé.

Une condamnation exemplaire

La Cour suprême italienne a validé le verdict initial. Le fraudeur doit purger une peine de 28 mois d’emprisonnement. S’ajoutent à cette sanction une amende de 3000 euros et 3500 euros de frais de justice.

Le faux amphithéâtre a été placé sous séquestre judiciaire. Les autorités ont ordonné sa démolition complète, mettant ainsi fin à cette imposture architecturale qui aura berné des centaines de visiteurs pendant deux années.

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