Découverte de 120 000 euros en liquide à la mosquée de Nice
Une affaire financière agite la communauté musulmane niçoise après la découverte d’une importante somme d’argent liquide dans un lieu de culte. Ce nouveau scandale s’ajoute aux précédentes controverses ayant touché cet établissement religieux, ravivant les inquiétudes concernant la gestion des fonds dans certains lieux de culte.
Des fonds en liquide qui suscitent la controverse
La mosquée En-nour de Nice se retrouve au cœur d’une vive polémique suite à la découverte de plus de 120 000 euros en espèces dans ses locaux. Cette somme considérable a immédiatement soulevé des questions sur l’origine et la gestion des fonds de l’établissement.
Le président de l’association gérant la mosquée, Adil Echaoui, n’a pas tardé à réagir face à cette situation inhabituelle. Il évoque des soupçons concernant des irrégularités dans la gestion comptable de l’institution religieuse.
Des accusations mutuelles entre la direction et l’imam
Les tensions se cristallisent autour de la figure de l’imam Mahmoud Benzamia, directement mis en cause par Adil Echaoui qui l’accuse d’être responsable d’«anomalies comptables».
Face à ces allégations graves, l’imam nie catégoriquement toute malversation. Son avocat, Me Ouassini Mebarek, a pris sa défense en expliquant l’origine des fonds découverts :
«Je ne vois pas comment les deniers du culte peuvent constituer une éventuelle infraction», a-t-il déclaré.
Selon le conseil juridique, cette somme représente simplement l’accumulation de dons sur plusieurs années, conservés dans le coffre-fort de l’association.
Des explications qui ne convainquent pas tous les acteurs
Le conseil d’administration de l’institut En-nour a reconnu qu’il était inapproprié de conserver une telle somme en liquide dans les locaux de la mosquée. Il assure néanmoins que les fonds ont depuis été régularisés et déposés dans un établissement bancaire.
Me Mebarek insiste sur l’origine des dons, affirmant catégoriquement : «En aucun cas cela ne provient de fonds étrangers, cela correspond uniquement aux dons des fidèles locaux».
Des tentatives de médiation infructueuses
Pour tenter de résoudre ce conflit interne, plusieurs rencontres impliquant des intermédiaires de l’autorité du culte musulman ont été organisées. Cependant, ces initiatives n’ont pas permis d’aboutir à un compromis entre les parties.
Le président de l’association, Adil Echaoui, affirme que le préjudice financier serait bien plus important que les 120 000 euros découverts. Selon lui, ce sont des «centaines de milliers d’euros» qui manqueraient aux comptes de la mosquée.
Il accuse également l’imam d’avoir refusé toute forme de médiation pour résoudre le différend, une version que conteste formellement l’avocat de Mahmoud Benzamia.
Une mosquée déjà au centre de plusieurs controverses
Ce n’est pas la première fois que la mosquée En-nour se retrouve sous les projecteurs pour des raisons polémiques. L’établissement religieux a déjà fait l’objet de questionnements concernant ses sources de financement.
L’imam Mahmoud Benzamia avait également suscité la controverse par des propos qualifiant Nice de ville «haineuse et raciste». Il avait par la suite tenté de clarifier sa position en expliquant que ses déclarations avaient été «sorties de leur contexte».
Cette nouvelle polémique intervient dans un contexte sensible, alors que la communauté musulmane des Alpes-Maritimes compte près de 30 000 pratiquants, pour qui les lieux de culte représentent des espaces essentiels de rassemblement et de pratique religieuse.

