Contrat de 120 000 euros sur sa tête : la directrice des Baumettes traumatisée
Le milieu carcéral marseillais traverse une période de tension extrême. Une mise à prix sur la vie d’une haute responsable pénitentiaire a conduit à des condamnations exemplaires, mais laisse derrière elle des vies bouleversées et une enquête toujours en cours.
Lourde peine pour deux détenus après des menaces de mort
La justice a tranché avec fermeté. Sabrina M. et Othmane B., deux détenus impliqués dans une affaire d’une extrême gravité, ont écopé chacun de 30 mois d’emprisonnement ferme. Le tribunal les a reconnus coupables d’apologie publique de crime après avoir relayé sur Snapchat une offre macabre : 120.000 euros en échange de l’assassinat de Karine L., directrice de l’établissement pénitentiaire des Baumettes.
Cette publication menaçante provenait d’un groupe criminel connu sous le nom de « DZ Mafia », organisation dont l’influence s’étend bien au-delà des murs de la prison.
Des justifications rejetées par le tribunal
Lors du procès, le ministère public avait requis des peines légèrement moins sévères : 24 mois d’emprisonnement dont 6 avec sursis. Mais la gravité des faits a visiblement pesé dans la décision finale des magistrats.
Face aux accusations, les deux prévenus ont adopté des stratégies radicalement différentes. Othmane B. a tenté de minimiser son acte, affirmant qu’il s’agissait d’un simple partage irréfléchi via un compte dédié aux paris sportifs nommé « DZ pronostics ». Une défense qui n’a pas convaincu.
Quant à Sabrina M., elle a choisi la politique de la chaise vide en refusant de comparaître devant le tribunal, laissant ainsi planer le mystère sur ses motivations.
Une vie « bouleversée » pour la directrice
Les conséquences de cette affaire dépassent largement le cadre judiciaire. Karine L., cible de cette terrible menace, a vu son existence basculer du jour au lendemain. Placée sous protection policière dès la découverte du « contrat », elle n’a jamais repris ses fonctions à la tête de l’établissement.
La directrice a confié que cette expérience avait « bouleversé » sa vie, au point d’envisager désormais de quitter définitivement l’administration pénitentiaire après une carrière dédiée au service public.
Une enquête toujours en cours
Si deux relais de la menace ont été condamnés, l’affaire est loin d’être close. Les commanditaires principaux de ce « contrat » n’ont toujours pas été identifiés par les enquêteurs. Une information judiciaire reste ouverte pour retrouver les véritables instigateurs de cette tentative d’intimidation criminelle.
Un climat de terreur autour de l’établissement
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de pressions exercées sur le personnel pénitentiaire des Baumettes. Un adjoint au chef de la détention a également fait l’objet de menaces émanant de la même organisation criminelle et a dû être placé sous protection.
Plus inquiétant encore, des individus armés ont été interceptés aux abords de la prison. L’un d’eux est soupçonné d’avoir répondu à un premier « contrat » visant précisément cet adjoint, illustrant la réalité de la menace qui pèse sur l’établissement marseillais.

