Condamnation à perpétuité sans corps : l’affaire qui secoue la justice française
Dans une affaire qui aura marqué la justice française pendant près de neuf ans, un homme de 36 ans vient d’être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour un crime qu’il continue de nier farouchement. Malgré l’absence du corps de la victime, les magistrats ont prononcé la sanction la plus lourde du code pénal.
Une décision sans appel de la cour d’assises du Rhône
Jeudi 26 mars, la cour d’assises du Rhône à Lyon a prononcé une condamnation à perpétuité à l’encontre de Nicolas Zepeda, ressortissant chilien âgé de 36 ans. Les jurés se sont déclarés convaincus « au-delà de tout doute raisonnable » de sa responsabilité dans la mort de Narumi Kurosaki.
Le président Eric Chalbos a donné lecture du verdict dans une salle d’audience sous tension. La juridiction affirme n’avoir « aucun doute » sur la culpabilité de l’accusé, estimant qu’il a agi avec préméditation et fait disparaître le corps de la jeune femme.
Des dommages et intérêts considérables pour la famille
Au-delà de la peine d’emprisonnement, le tribunal a condamné Nicolas Zepeda à verser des indemnités substantielles aux proches de la victime. Selon L’Est Républicain, la mère de Narumi Kurosaki recevra 50 000 euros, tandis que ses sœurs toucheront 30 000 euros chacune.
Le père de la jeune femme se verra attribuer 20 000 euros, et son ancien compagnon 5 000 euros. La sentence comprend également une interdiction définitive de séjour sur le territoire français et une interdiction de port d’arme durant quinze ans, rapporte ici Besançon.
Une sanction plus sévère qu’en première instance
Cette condamnation à perpétuité représente une aggravation notable par rapport aux 30 ans de réclusion requis lors du troisième procès. Précédemment, l’homme avait écopé de 28 ans devant les cours d’assises du Doubs et de la Haute-Saône.
Ce premier verdict avait toutefois été cassé pour vice de procédure par la Cour de cassation, selon ici Besançon. Le condamné a d’ailleurs annoncé son intention de former un nouveau pourvoi.
L’accusé maintient son innocence
Depuis le début de l’instruction, Nicolas Zepeda nie catégoriquement toute implication dans la disparition de son ancienne compagne. À de multiples reprises durant les débats, il a affirmé son innocence avec véhémence.
Lors des audiences, il aurait déclaré : « J’aimais sincèrement Narumi ». Il aurait également confié : « Je vis un enfer de ne pas savoir ce qu’il s’est passé », ajoutant : « je ne remercierai jamais assez ceux qui m’ont accompagné, d’avoir compris que je suis innocent ».
Une relation amoureuse devenue toxique
L’histoire entre Narumi et Nicolas avait débuté en 2014 au Japon, où les deux jeunes gens s’étaient rencontrés et avaient noué une relation sentimentale. Mais les choses se sont détériorées après le départ de la jeune femme pour la France.
Un mois après son arrivée à Besançon pour la rentrée universitaire 2016, Narumi a rompu avec Nicolas en raison de son « côté possessif et inquisiteur ». Cette séparation semble avoir été le déclencheur d’une série d’événements tragiques.
Une traque silencieuse de quatre jours
En novembre, Nicolas Zepeda s’est déplacé en France. Selon les éléments du dossier et les témoignages recueillis, il aurait surveillé l’étudiante pendant quatre jours consécutifs avant sa disparition.
La dernière fois que Narumi Kurosaki a été aperçue vivante remonte au 4 décembre 2016. Depuis cette date, aucune trace de la jeune femme n’a jamais été retrouvée, malgré les recherches intensives menées par les enquêteurs.
Un corps introuvable mais une culpabilité établie
L’absence de dépouille constitue l’une des particularités les plus troublantes de cette affaire. Pourtant, les magistrats ont estimé que l’ensemble des preuves et des témoignages recueillis suffisait à établir la responsabilité pénale de l’accusé.
La cour a conclu que Nicolas Zepeda avait tué Narumi Kurosaki et fait disparaître son corps avec préméditation. Cette conviction unanime a conduit à la prononciation de la sanction maximale prévue par le code pénal français.

